Mi smo jos uvek zemljaci
Kada se noæ i subota sretnu
Zakuva se takav žur na Menhetnu
Da bele rade iskaèu iz saksije
Startuju tada opasne njuške
Protuve ženske, seke muške
Al glavni provod ipak je lov na taksije
Majstor je stao ko da je znao
Sitna mu kiša farove tiho gasila
I uèini mi se momenat pre tog
Da na visuljku prepoznah svetog Vasila
Svi su taksisti uglavnom isti
Stari kontraši i nihilisti
Ili æutljivci nemi od ružnih prizora
Na poznat govor samo se trže
Neko veæ trubi da tera brže
Proviri mišiæ iz ugla retrovizora
Al svaka psovka mišolovka
I on je jedva èekao da se ulovimo
Odgurnu volan ko supu vrelu
Okrenu se lupi po èelu
Zaglavljen metak i tišina
A srce tuèe sedam osmina
Mi smo još juèe bili zemljaci
Poznam ja odmah naše oèi iste
Šta se tu folirate da ste stranci
Kada niste
Mi smo još juèe bili tim snova
A evo kako danas stoje stvari
Ne smeta ništa što je zemlja nova
Mi smo stari
Devedes` prve spakov`o kofer
Hortikultura, trenutno šofer
`Ajmo do njega, po ženicu i svastiku
Tri èase kaže, reèicu prave
Èetiri bome, Njujork poplave
Ote se suza i zamuti mastiku?
I reèe nam gorko ne d`o Bog nikom
Da `leb zaradi politikom, greh je to
Vidiš, moji sinèiæi Vangel i Blaže
dohvate globus, Strumicu traže
I gde god prstiæ na Balkan stave
Pokriju barem tri države
I tako krene cuga za cugom
Proveja jutro kao sitno brašno
Javi se onaj stari žal za Jugom
Nista strašno
Èuvaj mi Bože bivše zemljake
Moje su pesme njinih reèi pune
A tuge su nam tako podjednake
Da me zbune
Nous sommes encore des compatriotes
Quand la nuit et le samedi se rencontrent
Ça chauffe à fond à Manhattan
Les blanches orchidées sortent de leurs pots
Les nez dangereux se mettent en route
Des nanas pas nettes, des frangins en mode
Mais le vrai kiff, c'est quand on chasse les taxis
Le chauffeur s'est arrêté comme s'il savait
Une petite pluie éteignait doucement les phares
Et il me sembla qu'avant ça
Je reconnus Saint Vassili sur le fil
Tous les chauffeurs de taxi se ressemblent
Des vieux râleurs et des nihilistes
Ou des muets, figés par des scènes moches
Au moindre mot, ils se redressent
Quelqu'un klaxonne déjà pour aller plus vite
Un muscle apparaît dans le coin du rétroviseur
Mais chaque insulte est un piège à souris
Et lui attendait juste qu'on se croise
Il pousse le volant comme une soupe brûlante
Se retourne et se frappe le front
Un projectile coincé et le silence
Et le cœur bat à sept huitièmes
Nous étions encore hier des compatriotes
Je reconnais tout de suite nos mêmes yeux
Pourquoi vous faites les étrangers
Quand vous ne l'êtes pas
Nous étions encore hier une équipe de rêve
Et voilà comment les choses se passent aujourd'hui
Peu importe que ce soit un nouveau pays
Nous sommes anciens
En quatre-vingt-dix et un, j'ai fait mes valises
Horticulture, chauffeur pour l'instant
Allons le voir, pour la femme et la belle-sœur
Trois verres, dit-il, on fait un petit discours
Quatre, eh bien, New York est inondé
Une larme s'échappe et trouble le pastis ?
Et il nous dit amèrement, que Dieu nous en préserve
De gagner sa vie avec la politique, c'est un péché
Tu vois, mes petits neveux Vangel et Blaže
Attrapent le globe, cherchent Strumica
Et où que le petit doigt touche les Balkans
Ils couvrent au moins trois pays
Et ainsi commence la tournée, verre après verre
Le matin se faufile comme de la farine fine
Le vieux chagrin pour la Yougoslavie se manifeste
Rien de grave
Protège-moi, ô Dieu, mes anciens compatriotes
Mes chansons sont pleines de leurs mots
Et nos peines sont si semblables
Qu'elles me troublent