395px

Solía ir a la calle Pigalle

Édith Piaf

Elle fréquentait la rue Pigalle

Elle fréquentait la rue Pigalle
Elle sentait le vice à bon marché
Elle était toute noire de péchés
Avec un pauvre visage tout pâle
Pourtant y'avait dans le fond de ses yeux
Comme quelque chose de miraculeux
Qui semblait mettre un peu de ciel bleu
Dans celui tout sale de Pigalle.

Il lui avait dit: "Vous êtes belle."
Et d'habitude, dans ce quartier-là,
On dit jamais les choses comme ça
Aux filles qui font le même métier qu'elle;
Et comme elle voulait se confesser,
Il la couvrait toute de baisers,
En lui disant: "Laisse ton passé,
Moi, je vois qu'une chose, c'est que tu es belle."

Y'a des images qui vous tracassent;
Et quand elle sortait avec lui,
Depuis Barbès jusqu'à Clichy
Son passé lui faisait la grimace.
Et sur les trottoirs plein de souvenirs,
Elle voyait son amour se flétrir,
Alors, elle lui de manda de partir,
Et il l'emmena vers Montparnasse.

Elle croyait recommencer sa vie,
Mais c'est lui qui se mit à changer,
Il la regardait tout étonné,
Disant: "Je te croyais plus jolie,
Ici, le jour t'éclaire de trop,
On voit tes vices à fleur de peau,
Vaudrait peut-être mieux que tu retournes là-haut
Et qu'on reprenne chacun sa vie."

Elle est retournée dans son Pigalle,
Y'a plus personne pour la repêcher,
Elle a retrouvée tous ses péchés,
Ses coins d'ombre et ses trottoirs sales.
Mais quand elle voit des amoureux
Qui remontent la rue d'un air joyeux,
Y'a des larmes dans ses grands yeux bleus
Qui coulent le long de ses joues toutes pâles.

Solía ir a la calle Pigalle

Solía ir a la calle Pigalle
Ella sentía vicio a un precio barato
Ella era toda negra de pecados
Con una cara pobre y pálida
Sin embargo, había en la parte posterior de sus ojos
Como algo milagroso
Que parecía poner un pequeño cielo azul
En el sucio de Pigalle

Dijo: «Te ves hermosa
Y por lo general en ese barrio
Nunca dices esas cosas
A las niñas que hacen el mismo trabajo que ella
Y como ella quería confesar
La cubrió con besos
Y él dijo: «Deja tu pasado
Veo que una cosa es que eres hermosa

Hay imágenes que te molestan
Y cuando ella salió con él
De Barbès a Clichy
Su pasado hizo su cara
Y en las aceras llenas de memorias
Vio su amor marchitándose
Así que ella le ordenó que se fuera
Y la llevó a Montparnasse

Pensó que estaba empezando su vida de nuevo
Pero fue él quien comenzó a cambiar
Él la miró toda sorprendida
Diciendo: «Pensé que eras más bonita
Aquí, el día te ilumina demasiado
Ves tus vicios defectuosos
Tal vez sea mejor que vuelvas allí
Y que todos vuelvan a sus vidas

Volvió a su Pigalle
No queda nadie para reclutarla
Encontró todos sus pecados
Sus esquinas sombreadas y aceras sucias
Pero cuando ve amantes
Que van por la calle con un aire alegre
Hay lágrimas en sus grandes ojos azules
Que fluyen a lo largo de sus mejillas todo pálido

Escrita por: Raymond Asso