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El cielo está cerrado

Édith Piaf

Le ciel est fermé

Fatigué des gens de la terre,
Le Bon Dieu, qui est surmené,
Réfléchit entre deux mystères,
Et décida de démissionner.
Il éteignit quelques étoiles,
Ferma le ciel de haut en bas,
Et d'un nuage, fit une voile
Qui prit le vent et qui l'emporta.

Et voilà le soleil de travers…
Tous les hommes qui marchent la tête en bas…
Et la terre qui s'enroule à l'envers…
Et la mer qui s'embête et s'en va…
Mais les prières…
Les prières continuent à monter
Car tous les hommes…
Tous les hommes continuent à prier…

Et c'est là qu'elles sont embêtées,
Les prières qui n'ont rien demandé...
Et c'est là qu'on les voit faire la queue,
Les prières qui attendent le Bon Dieu…
Alors, comme elles n'ont rien à faire
Les prières,
Elles se font des confidences:
- Vous venez pourquoi, vous?
- Moi, je viens de la part d'un dénommé
Roméo, et d'une certaine Juliette…
- Qu'est-ce qu'on leur fait comme ennuis, sur cette terre?
On veut pas les laisser s'aimer tranquilles?
Pas commode d'arranger leur histoire… Et vous?
- Moi, pour un gars qu'a de gros ennuis avec son percepteur…
Je vois d'ailleurs pas ce que je peux faire pour lui! Mpfff!... Enfin…
- Et vous?
- Moi, secret professionnel!
- Et vous, là-bas?
- Moi, Hah! Je viens de la part d'un fou!
Enfin, d'un poète… C'est la même chose!
D'abord, ce qu'il demande avec la terre, c'est impossible!
Et puis, prêcher la bonté, ça fait démodé...
- Racontez-nous! C'est peut-être drôle?!
- Si vous voulez! De toutes façons, ça changera jamais rien! Alors, voilà:

"Je sais bien que je vous dérange,
Mais voilà: j'ai besoin de vous!
S'il vous plaît, prêtez-moi des anges!
Il en faudrait un petit peu partout…
Pour le soleil… un par personne!
Et pour l'amour… Oh! S'il vous plaît!
Tout plein d'amour aux mains des hommes
Pour qu'ils en fassent de grand bouquets..."

Et voilà le Bon Dieu revenu.
Le tonnerre a perdu son emploi.
Le soleil est passé par-dessus
Et voilà que la terre marche droit.
Ouvre les portes,
Que l'on porte
Le soleil dans les blés,
Que la terre,
Toute la terre
Tourne enfin sans trembler
Et l'amour a poussé dans les champs
Et les hommes le cueillaient en chantant.
Les amants ne mourraient plus jamais
C'est pour ça que tout le monde s'aimait…

Quel dommage pour les filles, les garçons
Que tout ça ne soit qu'une chanson…

El cielo está cerrado

Cansado de la gente en la tierra,
El Buen Dios, que está sobrecargado,
Reflexionó entre dos misterios,
Y decidió renunciar.
Apagó algunas estrellas,
Cerró el cielo de arriba abajo,
Y de una nube, hizo una vela
Que tomó el viento y se lo llevó.

Y ahí está el sol de lado…
Todos los hombres caminan con la cabeza abajo…
Y la tierra se enrolla al revés…
Y el mar se aburre y se va…
Pero las oraciones…
Las oraciones siguen subiendo
Porque todos los hombres…
Todos los hombres siguen rezando…

Y es ahí donde están molestas,
Las oraciones que no pidieron nada...
Y es ahí donde se ven haciendo fila,
Las oraciones que esperan al Buen Dios…
Entonces, como no tienen nada que hacer
Las oraciones,
Se confían entre ellas:
- ¿Por qué vienes tú?
- Yo vengo de parte de un tal
Romeo, y de una tal Julieta…
- ¿Qué problemas les hacen en esta tierra?
¿No los dejan amarse tranquilos?
No es fácil arreglar su historia… ¿Y tú?
- Yo, por un tipo que tiene problemas con su recaudador…
¡Además, no veo qué puedo hacer por él! ¡Pff!... En fin…
- ¿Y tú?
- ¡Yo, secreto profesional!
- ¿Y tú, allá?
- ¡Yo, ¡Ajá! Vengo de parte de un loco!
Bueno, de un poeta… ¡Es lo mismo!
Primero, lo que pide con la tierra, es imposible!
Y luego, predicar la bondad, está pasado de moda...
- ¡Cuéntanos! ¿Será divertido?
- ¡Si quieres! De todas formas, nunca cambiará nada! Así que, aquí está:

"Sé que los molesto,
Pero necesito de ustedes!
¡Por favor, préstenme ángeles!
¡Se necesitarían en todas partes…
Para el sol… uno por persona!
Y para el amor… ¡Oh! ¡Por favor!
¡Mucho amor en manos de los hombres
Para que hagan grandes ramos con él…"

Y ahí está el Buen Dios de vuelta.
El trueno ha perdido su trabajo.
El sol ha pasado por encima
Y así la tierra camina derecha.
Abre las puertas,
Que llevemos
El sol en los trigales,
Que la tierra,
Toda la tierra
Gire finalmente sin temblar
Y el amor ha crecido en los campos
Y los hombres lo recogían cantando.
Los amantes ya no morían nunca más
Por eso todo el mundo se amaba…

Qué lástima para las chicas, los chicos
Que todo esto sea solo una canción…

Escrita por: Henri Contet / Marguerite Monnot