395px

Gira 84

Ejectés

Tour 84

Il habitait la tour
La tour quatre-vingt quatre
Tout pres de l'autoroute du secteur
Du secteur neuf cent quatre
Il préparait tous les jours
Son bivouac et puis son sac
Il remballait tous les soirs
Son départ et son hamac
Il s'asseyait sur le bord
Sur le bord de l'autoroute

Pres du secteur neuf cent quatre
A la bretelle deux mille quatre
En attendant coute que coute
Sous la pluie ou par moins quatre
Qu'on l'emmene sur la route
Lui son bivouac et son sac
Il voulait parcourir la savane
Se déplacer de liane en liane

Il voulait
Qu'un chameau qu'un camion l'emmene sur la route
Qu'un bateau qu'un avion l'emmene dans sa soute
Qu'un chameau qu'un camion l'emmene sur la route
Qu'un bateau qu'un avion l'emmene dans sa soute

Tout le secteur neuf cent quatre
A le voir était plié en quatre
Quand de la bretelle deux mille quatre
Il revenait lui et son sac
Mais il avait de l'estomac
Il était sur qu'un de ces quatre
Il prendrait enfin ses cliques et ses claques
Pour enfin quitter ce cloaque

Tous les matins sans répit
Il espérait etre pris
Durant ces mois de dépit
Les gens se moquaient de lui
Puis un jour il est parti
Et on ne l'a plus revu
Un jour personne n'a ri
Un jour tout le monde s'est tu
Il voulait parcourir la savane
Se déplacer de liane en liane

Il voulait
Qu'un chameau qu'un camion l'emmene sur la route
Qu'un bateau qu'un avion l'emmene dans sa soute
Qu'un chameau qu'un camion l'emmene sur la route
Qu'un bateau qu'un avion l'emmene dans sa soute

Bien plus tard dans le quartier
Tous l'avaient oublié
Lorsqu'un soir de janvier
Ils crurent tous halluciner
Notre ami était planté
La dans l'écran de télé
Dans le pays ensoleillé
Dont il avait toujours revé
Il voulait parcourir la savane
Se déplacer de liane en liane

Il voulait
Qu'un chameau qu'un camion l'emmene sur la route
Qu'un bateau qu'un avion l'emmene dans sa soute
Qu'un chameau qu'un camion l'emmene sur la route
Qu'un bateau qu'un avion l'emmene dans sa soute.

Gira 84

Vivía en la torre
La torre ochenta y cuatro
Justo al lado de la autopista del sector
Del sector novecientos cuatro
Preparaba todos los días
Su campamento y luego su mochila
Recogía todas las noches
Su partida y su hamaca
Se sentaba en el borde
En el borde de la autopista

Cerca del sector novecientos cuatro
En la salida dos mil cuatro
Esperando a toda costa
Bajo la lluvia o a menos cuatro
Que lo lleven por la carretera
Él, su campamento y su mochila
Quería recorrer la sabana
Moverse de liana en liana

Quería
Que un camello, que un camión lo llevara por la carretera
Que un barco, que un avión lo llevara en su bodega
Que un camello, que un camión lo llevara por la carretera
Que un barco, que un avión lo llevara en su bodega

Todo el sector novecientos cuatro
Se doblaba de risa al verlo
Cuando desde la salida dos mil cuatro
Regresaba él y su mochila
Pero tenía estómago
Estaba seguro de que en cualquier momento
Tomaría sus cosas y se iría
Para finalmente dejar este lugar asqueroso

Todas las mañanas sin descanso
Esperaba ser recogido
Durante esos meses de desesperación
La gente se burlaba de él
Pero un día se fue
Y ya no lo volvieron a ver
Un día nadie se rió
Un día todos se callaron
Quería recorrer la sabana
Moverse de liana en liana

Quería
Que un camello, que un camión lo llevara por la carretera
Que un barco, que un avión lo llevara en su bodega
Que un camello, que un camión lo llevara por la carretera
Que un barco, que un avión lo llevara en su bodega

Mucho tiempo después en el barrio
Todos lo habían olvidado
Cuando una noche de enero
Todos creyeron alucinar
Nuestro amigo estaba plantado
Ahí en la pantalla de televisión
En el país soleado
Que siempre había soñado
Quería recorrer la sabana
Moverse de liana en liana

Quería
Que un camello, que un camión lo llevara por la carretera
Que un barco, que un avión lo llevara en su bodega
Que un camello, que un camión lo llevara por la carretera
Que un barco, que un avión lo llevara en su bodega.

Escrita por: