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El Puente Donde Nadie Espera

Élise Noiret

Le Pont Où Personne N’Attend

Le fleuve brillait sans bruit
Sous les lampadaires de pluie
Les rembardes du vieux pont
Gardaient le froid du béton

Les bateaux passaient très loin
Dans la fumée du matin
Et les journaux du kiosque fermés
Tournaient sur les pavés

Un harmonica fatigué
Montait du bord du quai
Quelques pas contre le vent
S'effaçaient lentement

Le pont où personne n'attend
Reste suspendu dans le vent
Comme une absence invisible
Au-dessus de la ville

Le pont où personne n'attend
Glisse encore dans le temps
Et les lumières du matin
S'éteignent le long du chemin

Tu portais un manteau sombre
Avec des gants couleur ombre
Le bruit léger de ton départ
Suivait les reflets du soir

Un dernier bus traversait
Les avenues mouillées
Et les vitres des cafés
Brillaient derrière la fumée

L'aube tombait sur la scène
Dans une lumière incertaine
Et les derniers feux rouges
Tremblaient dans l'air qui bouge

Le pont où personne n'attend
Traverse encore les passants
Comme un vertige magnifique
Sous les enseignes électriques

Le pont où personne n'attend
Habite les soirs de novembre
Et les nuages du réveil
Gardent la couleur du sommeil

Plus de voix contre les murs
Seulement le bruit des voitures
Et cette rivière en bas
Qui continue sans nous

Le pont où personne n'attend
Tombe encore dans le vent
Quand les premiers trains du nord
Traversent la brune du port

Le pont où personne n'attend
Reste ouvert dans mon sang
Comme une rue qu'on connaît
Mais où personne ne revient

El Puente Donde Nadie Espera

El río brillaba en silencio
Bajo las farolas de lluvia
Las barandas del viejo puente
Guardaban el frío del concreto

Los barcos pasaban muy lejos
En el humo de la mañana
Y los periódicos del quiosco cerrado
Giraban sobre los adoquines

Un armónica cansada
Sonaba desde el borde del muelle
Algunos pasos contra el viento
Se desvanecían lentamente

El puente donde nadie espera
Sigue suspendido en el viento
Como una ausencia invisible
Sobre la ciudad

El puente donde nadie espera
Se desliza aún en el tiempo
Y las luces de la mañana
Se apagan a lo largo del camino

Tú llevabas un abrigo oscuro
Con guantes del color de la sombra
El suave ruido de tu partida
Seguía los reflejos de la tarde

Un último autobús cruzaba
Las avenidas mojadas
Y los cristales de los cafés
Brillaban tras el humo

El alba caía sobre la escena
En una luz incierta
Y los últimos semáforos
Temblaban en el aire que se mueve

El puente donde nadie espera
Cruza aún a los transeúntes
Como un vértigo magnífico
Bajo los letreros eléctricos

El puente donde nadie espera
Habita las noches de noviembre
Y las nubes del despertar
Guardan el color del sueño

No hay más voces contra las paredes
Solo el ruido de los autos
Y este río abajo
Que sigue sin nosotros

El puente donde nadie espera
Cae aún en el viento
Cuando los primeros trenes del norte
Cruzan la bruma del puerto

El puente donde nadie espera
Sigue abierto en mi sangre
Como una calle que conocemos
Pero donde nadie regresa