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Los Relojes del Café Negro

Élise Noiret

Les Horloges du Café Noir

Les horloges tournaient sans hâte
Dans le café couleur d'ambre
Les banquettes du fond du bar
Dormaient sous les lampes noires

Les cuillères contre les tasses
Brillaient dans la fumée basse
Et les vitres du boulevard
Gardaient les pluies du vieux soir

Le vieux jukebox du comptoir
Montait doucement dans le noir
Pendant que les ombres lentes
Glissaient sous les portes entrouvertes

Les horloges du café noir
Ralentissent encore le soir
Comme une lumière fragile
Dans les saisons immobiles

Les horloges du café noir
Glissent encore dans ma mémoire
Et les fumées du matin
Gardent la chaleur des mains

Ta silhouette au col de laine
Passait près des rues anciennes
Les journaux laissés sur bois
Dormaient près du vieux sofa

Un serveur essuyait les verres
Sous les reflets de l'hiver
Et les tramways du quartier
Traînaient leur halo fatigué

L'horloge avançait sans bruit
Vers les dernières heures de pluie
Mais les reflets sur les bouteilles
Brillaient encore sous les veilleuses

Les horloges du café noir
Traversent encore les soirs
Comme un vertige magnifique
Sous les enseignes mélancoliques

Les horloges du café noir
Habitent les rues de brouillard
Et les rideaux du matin
Gardent le parfum du vin

Une cigarette oubliée
Quelques roses froissées
Le parfum discret du départ
Et les lumières du comptoir

Les horloges du café noir
Descendent encore le soir
Quand les premiers métrogris
Traversent les rues de pluie

Les horloges du café noir
Restent vivantes dans mon cœur
Et je retrouve ton sourire
Dans les couleurs du souvenir

Los Relojes del Café Negro

Los relojes giraban sin prisa
En el café color ámbar
Los bancos al fondo del bar
Dormían bajo las lámparas negras

Las cucharas contra las tazas
Brillaban en el humo bajo
Y los vidrios del bulevar
Guardaban las lluvias de la vieja noche

El viejo jukebox del mostrador
Sonaba suave en la oscuridad
Mientras las sombras lentas
Deslizaban bajo las puertas entreabiertas

Los relojes del café negro
Aún ralentizan la noche
Como una luz frágil
En las estaciones inmóviles

Los relojes del café negro
Aún resbalan en mi memoria
Y los humos de la mañana
Guardan el calor de las manos

Tu silueta en el cuello de lana
Pasaba cerca de las calles antiguas
Los periódicos dejados sobre la madera
Dormían cerca del viejo sofá

Un mesero secaba los vasos
Bajo los reflejos del invierno
Y los tranvías del barrio
Arrastraban su halo cansado

El reloj avanzaba en silencio
Hacia las últimas horas de lluvia
Pero los reflejos en las botellas
Brillaban aún bajo las luces tenues

Los relojes del café negro
Cruzan aún las noches
Como un vértigo magnífico
Bajo los letreros melancólicos

Los relojes del café negro
Habitan las calles de niebla
Y las cortinas de la mañana
Guardan el aroma del vino

Un cigarro olvidado
Algunas rosas arrugadas
El perfume discreto de la partida
Y las luces del mostrador

Los relojes del café negro
Bajan aún en la noche
Cuando los primeros metros grises
Cruzan las calles de lluvia

Los relojes del café negro
Siguen vivos en mi corazón
Y encuentro tu sonrisa
En los colores del recuerdo