395px

Los pasos que evitan el Sena

Élise Noiret

Les pas qui évitent la Seine

Les quais restaient sous la brume
Dans une odeur d'amertume
Les réverbères du canal
Tombaient sur les murs pâles

Les péniches passaient très loin
Sous les nuages du matin
Et les terrasses du quartier
Vidaient leurs chaises mouillées

Un vieux chanteur sous le pont
Jouait sans faire attention
Quelques accords dans le vent
S'effaçaient lentement

Les pas qui évitent la Seine
Reviennent toujours quand même
Comme une blessure invisible
Qui traverse encore la ville

Les pas qui évitent la Seine
Glissent au bord des semaines
Et les lumières du matin
S'éloignent le long du chemin

Tu portais un long manteau noir
Avec des yeux couleur brouillard
Le bruit discret de tes talons
Suivait les murs du vieux pont

Une sirène au bord du port
Montait doucement dehors
Et les fenêtres des cafés
Brillaient sous les arbres mouillés

L'aube tombait sur les toits gris
Dans une fatigue de pluie
Et les derniers métros blancs
Traversaient le fleuve lentement

Les pas qui évitent la Seine
Traversent encore les peines
Comme un vertige magnifique
Sous les enseignes électriques

Les pas qui évitent la Seine
Habitent les rues anciennes
Et les nuages du réveil
Gardent la couleur du sommeil

Plus de voix près des rambardes
Seulement les bateaux qui passent
Et cette ville autour de nous
Qui continue malgré tout

Les pas qui évitent la Seine
Tombent encore dans la brume
Quand les premiers trains du nord
Traversent les lumières du port

Les pas qui évitent la Seine
Restent vivants dans mes veines
Comme une route abandonnée
Qu'on regarde sans retourner

Los pasos que evitan el Sena

Los muelles quedaban bajo la bruma
Con un olor a amargura
Las farolas del canal
Caían sobre los muros pálidos

Las barcazas pasaban muy lejos
Bajo las nubes de la mañana
Y las terrazas del barrio
Vacían sus sillas mojadas

Un viejo cantante bajo el puente
Tocaba sin prestar atención
Algunos acordes en el viento
Se desvanecían lentamente

Los pasos que evitan el Sena
Siempre regresan de todos modos
Como una herida invisible
Que aún atraviesa la ciudad

Los pasos que evitan el Sena
Se deslizan al borde de las semanas
Y las luces de la mañana
Se alejan a lo largo del camino

Tú llevabas un largo abrigo negro
Con ojos color neblina
El ruido discreto de tus tacones
Seguía los muros del viejo puente

Una sirena al borde del puerto
Sonaba suavemente afuera
Y las ventanas de los cafés
Brillaban bajo los árboles mojados

El alba caía sobre los techos grises
En una fatiga de lluvia
Y los últimos metros blancos
Atravesaban el río lentamente

Los pasos que evitan el Sena
Atraviesan aún las penas
Como un vértigo magnífico
Bajo los letreros eléctricos

Los pasos que evitan el Sena
Habitan las calles antiguas
Y las nubes del despertar
Conservan el color del sueño

No hay más voces cerca de las barandas
Solo los barcos que pasan
Y esta ciudad a nuestro alrededor
Que sigue adelante a pesar de todo

Los pasos que evitan el Sena
Caen de nuevo en la bruma
Cuando los primeros trenes del norte
Cruzan las luces del puerto

Los pasos que evitan el Sena
Siguen vivos en mis venas
Como un camino abandonado
Que se mira sin volver atrás