La fable du lisier
Oyez ci braves gens la complainte lointaine
De deux petits canards chantant la liberté
Qui furent crucifiés au nom de puritaines
Convictions qui voilaient d'extrémistes fiertés.
Il était en effet une communauté
De cochons qui vivaient reclus en un domaine.
Ils avaient pour discours un flot d'absurdités
Et pour idole un borgne qui suait la haine.
De leur ferme l'accès ne voulaient accorder
A d'autres animaux s'ils n'étaient de leur race.
Une jeune truie rose et un vieux ridé
Manipulaient l'esprit de ce troupeau vorace.
Quand vint à leurs oreilles le chant des deux trouvères,
Le vieux plissa le groin et la truie déféqua
Dans un torchon sa fiente aux relents délicats
Qu'elle offrit en présent à tous ses congénères.
Souillés, les canetons se laver désirèrent
Et se dressèrent face aux mensonges d'iceux.
Le jour du carnaval, la puissance grégaire
Des porcs fit se gausser la horde des graisseaux.
Eructée fut la gerbe de mauvaise foi,
De haine et de mépris par la fosse sceptique
Qui grognait et bavait en jurant quelquefois
Que souffrait son honneur porcin patriotique
La perle légitime son écrin a perdu.
Elle se vend à ceux qui peuvent régler l'addition.
Devenue privilège des riches dodus,
Catin de luxe est la liberté d'expression !
Il est temps aujourd'hui de briser le silence.
Observons dans les rues le souffle décadent :
Les propos des cochons ont entraîné violence,
Ceux des canards, jamais, n'ont causé d'incident.
Chaque animal une arme doit développer :
La plume pour les uns, pour les autres la griffe.
Moralité : penseurs qui traquez l'Oppressif,
De cible prenez garde de ne vous point tromper.
La fábula del estiércol
Oíd aquí, valientes gentes, la queja lejana
De dos patitos cantando la libertad
Que fueron crucificados en nombre de puritanas
Convicciones que ocultaban extremas soberbias.
En efecto, existía una comunidad
De cerdos que vivían recluidos en un dominio.
Tenían como discurso un torrente de absurdidades
Y como ídolo a un tuerto que sudaba odio.
De su granja no querían permitir
El acceso a otros animales si no eran de su raza.
Una joven cerdita rosa y un viejo arrugado
Manipulaban la mente de esa manada voraz.
Cuando llegó a sus oídos el canto de los dos trovadores,
El viejo frunció el hocico y la cerdita defecó
En un trapo su excremento con delicados olores
Que ofreció como regalo a todos sus congéneres.
Ensuciados, los patitos quisieron lavarse
Y se enfrentaron a las mentiras de aquellos.
El día del carnaval, el poder gregario
De los cerdos hizo reír a la horda de los gorditos.
Fue eructada la ráfaga de mala fe,
De odio y desprecio por la fosa séptica
Que gruñía y baboseaba jurando a veces
Que su honor porcino patriótico sufría.
La perla legítima ha perdido su estuche.
Se vende a aquellos que pueden pagar la cuenta.
Convertida en privilegio de los ricos regordetes,
¡Prostituta de lujo es la libertad de expresión!
Es hora hoy de romper el silencio.
Observemos en las calles el aliento decadente:
Las palabras de los cerdos han provocado violencia,
Las de los patitos, nunca, han causado incidentes.
Cada animal debe desarrollar un arma:
La pluma para unos, para otros la garra.
Moralidad: pensadores que persiguen al Opresor,
Cuidado al elegir vuestro objetivo.