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En mi cuello

Etienne Daho

Sur mon cou

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus lègère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s'émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d'Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main
Mène-moi loin d'ici battre notre campagne.

Le ciel peut s'éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des près l'herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l'escalier plus souple qu'un berger,
Plus soutenu par l'air qu'un vol de feuilles mortes.

Ô traverse les murs, s'il le faut marche au bord
Des toits, des océans, couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

En mi cuello

En mi cuello sin armadura y sin odio, mi cuello
Que mi mano más ligera y grave que una viuda
Rozando bajo mi cuello, sin que tu corazón se conmueva
Deja que tus dientes de lobo dibujen su sonrisa.

Oh ven mi hermoso sol, oh ven mi noche de España
Llega a mis ojos que estarán muertos mañana
Ven, abre mi puerta, tráeme tu mano
Llévame lejos de aquí a recorrer nuestro campo.

El cielo puede despertar, las estrellas florecer
Ni las flores suspirar, y en los prados la hierba negra
Recibir el rocío donde la mañana va a beber
El campanario puede sonar: solo yo voy a morir.

Oh ven mi cielo de rosa, oh mi cesta rubia
Visita en su noche a tu condenado a muerte
Arráncate la carne, mata, escala, muerde
¡Pero ven! Apoya tu mejilla contra mi cabeza redonda.

No habíamos terminado de hablar de amor
No habíamos terminado de fumar nuestros cigarrillos gitanos
Se puede preguntar por qué los tribunales condenan
A un asesino tan hermoso que hace palidecer el día.

Amor ven a mi boca! Amor abre tus puertas!
Recorre los pasillos, baja, camina ligero
Vuela por la escalera más ágil que un pastor
Más sostenido por el aire que un vuelo de hojas muertas.

Oh atraviesa las paredes, si es necesario camina al borde
De los techos, de los océanos, cúbrete de luz
Usa la amenaza, usa la súplica
Pero ven, oh mi fragata, una hora antes de mi muerte.

Escrita por: Hélène Martin / Jacques Lasry