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En grupos, en liga, en procesión

Jean Ferrat

En groupe, en ligue, en procession

En groupe, en ligue, en procession
En bannière, en slip, en veston
Il est temps que je le confesse
A pied, à cheval et en voiture
Avec des gros, des p'tits, des durs
Je suis de ceux qui manifestent
Avec leurs gueules de travers
Leurs fins de mois qui sonnent clair
Les uns me trouvent tous les vices
Avec leur teint calamiteux
Leurs fins de mois qui sonnent creux
D'autres trouvent que c'est justice

Je suis de ceux que l'on fait taire
Au nom des libertés dans l'air
Une sorte d'amoraliste
Le fossoyeur de nos affaires
Le Déroulède de l'arrière
Le plus complet des défaitistes
L'empêcheur de tuer en rond
Perdant avec satisfaction vingt ans
De guerres colonialistes
La petite voix qui dit non
Dès qu'on lui pose une question
Quand elle vient d'un parachutiste

En groupe, en ligue, en procession
Depuis deux cents générations
Si j'ai souvent commis des fautes
Qu'on me donne tort ou raison
De grèves en révolutions
Je n'ai fait que penser aux autres
Pareil à tous ces compagnons
Qui de Charonne à la Nation
En ont vu défiler parole
Des pèlerines et des bâtons
Sans jamais rater l'occasion
De se faire casser la gueule

En groupe, en ligue, en procession
Et puis tout seul à l'occasion
J'en ferai la preuve par quatre
S'il m'arrive Marie-Jésus
D'en avoir vraiment plein le cul
Je continuerai de me battre
On peut me dire sans rémission
Qu'en groupe, en ligue, en procession
On a l'intelligence bête
Je n'ai qu'une consolation
C'est qu'on peut être seul
Et con et que dans ce cas, on le reste

En grupos, en liga, en procesión

En grupo, en liga, en procesión
En pancarta, en calzoncillos, en chaqueta
Es hora de confesarlo
A pie, a caballo y en coche
Con los grandes, los pequeños, los duros
Soy de los que demuestran
Con sus caras torcidas
Su fin de mes que suena claro
Algunos encuentran todos los vicios en mí
Con su tez calamitosa
Sus finales de mes suenan huecos
Otros lo encuentran justo

Soy de los que se quedan callados
En nombre de las libertades en el aire
Una especie de amoralista
El sepulturero de nuestros asuntos
La Déroulède desde atrás
El más completo de los derrotistas
El que impide la matanza en círculos
Perdiendo con satisfacción veinte años
De las guerras colonialistas
La vocecita que dice no
Tan pronto como se le hace una pregunta
Cuando viene de un paracaidista

En grupo, en liga, en procesión
Durante doscientas generaciones
Si a menudo he cometido errores
Esté en lo cierto o no
De las huelgas a las revoluciones
Sólo pensé en los demás
Lo mismo que todos estos compañeros
¿Quién de Charonne a la Nación?
Vieron palabras pasar
Peregrinos y personal
Nunca perder la oportunidad
Para que te golpeen la cara

En grupo, en liga, en procesión
Y luego solo en ocasiones
Lo demostraré cuatro veces
Si me pasa María Jesús
Estar realmente harto
Seguiré luchando
Se me puede decir sin remisión
Ya sea en grupo, en liga, en procesión
Tenemos una inteligencia estúpida
Sólo tengo un consuelo
Es que podemos estar solos
Y estúpidos y que en este caso, seguimos siendo estúpidos

Escrita por: Jean Ferrat