Les belles étrangères
Les belles étrangères qui vont aux corridas
Et qui se pâment d'aise devant la muleta
Les belles étrangères, sous leur chapeau huppé
Ont le teint qui s'altère à l'heure de l'épée
Allons, laissez-moi rire, on chasse, on tue, on mange
On taille dans le cuir des chaussures, on s'arrange
Et dans les abattoirs où l'on traîne les bœufs
La mort ne vaut guère mieux qu'aux arènes le soir
Les belles étrangères, quand montent les clameurs
Se lèvent les premières en se tenant le cœur
Les belles étrangères se jurent à jamais
De chasser Ordóñez de leurs rêves secrets
Allons laissez-moi rire, quand le taureau s'avance
Ce n'est pas par plaisir que le torero danse
C'est que l'Espagne a trop d'enfants pour les nourrir
Qu'il faut parfois choisir la faim ou le taureau
Les belles étrangères, végétariennes ou pas
Quittent leur banc de pierre au milieu du combat
Quittent leur banc de pierre au milieu du combat
Las hermosas extranjeras
Hermosas mujeres extranjeras que van a los toros
Y quien se desmaya de placer ante la muleta
Las hermosas mujeres extranjeras, bajo sus altos sombreros
Tiene una tez que cambia a la hora de la espada
Vamos, déjame reír, cazamos, matamos, comemos
Cortamos el cuero de los zapatos y lo arreglamos
Y en los mataderos donde se arrastran los bueyes
La muerte no es nada mejor que en la arena por la noche
Hermosas mujeres extranjeras, cuando el clamor aumenta
Se levantan primero, sosteniendo sus corazones
Las hermosas extranjeras se juran mutuamente para siempre
Para expulsar a Ordóñez de sus sueños secretos
Vamos, déjame reír, cuando el toro avanza
No es por placer que el torero baila
Es que España tiene demasiados niños para alimentarlos
Que a veces hay que elegir entre el hambre o el toro
Hermosas mujeres extranjeras, vegetarianas o no
Dejan su banco de piedra en medio de la pelea
Dejan su banco de piedra en medio de la pelea
Escrita por: Jean Ferrat / Michelle Senlis