395px

Los nómadas

Jean Ferrat

Les Nomades

Ils sont nés près de Barcelone, ils ont grandi en Australie
Ils se sont aimés à Paris mais ils s'en vont encore d'ici, les Nomades
Ils ont habité la roulotte, les quatre planches qui cahotent
De Saint-Ouen aux Saintes-Maries mais ils s'en vont encore d'ici
Les Nomades

Ni la couronne d'oranger, ni la cheminée de faux marbre
Ne leur mettent racine au pied, ils ne sont pas comme les arbres
Les Nomades
Ils vont toujours de ville en plaine, il n'y a rien qui les retienne
Eux, c'est la route qui les mène, en dimanche comme en semaine
Les Nomades

Ils ont eu froid comme personne, ils ont chanté mieux que nous tous
Mais c'est la route qui les pousse avec des fifres à leurs trousses
Les Nomades
Qu'ils soient venus du fond des âges, tous les gitans, tous les tziganes
Un violon leur a brisé l'âme, ils en gardent parfois des larmes
Les Nomades

Ni la peur de mourir un jour dans quelque ville frontalière
Sans tenir la main d'un amour ne les arrête sur la terre, les Nomades
Et quand on voit sous les platanes passer les mulets et les ânes
On a beau être des profanes, on voudrait'suivre la caravane
Des Nomades

Los nómadas

Nacieron cerca de Barcelona, crecieron en Australia
Se amaron en París pero se van de aquí otra vez, los Nómadas
Vivían en la caravana, las cuatro tablas que se sacudían
De Saint-Ouen a Saintes-Maries pero todavía salen desde aquí
Los nómadas

Ni la copa del naranjo ni la chimenea de imitación mármol
No les pongáis raíces debajo de los pies, no son como los árboles
Los nómadas
Siempre van de la ciudad a la llanura, no hay nada que los detenga
Son ellos los que toman el camino, tanto los domingos como entre semana
Los nómadas

Eran fríos como nadie, cantaban mejor que todos nosotros
Pero es el camino el que los empuja con pífanos a los talones
Los nómadas
Ya sea que vinieran de las profundidades del tiempo, todos los gitanos, todos los tziganes
Un violín les rompió el alma, a veces guardan lágrimas por ello
Los nómadas

Ni el miedo a morir un día en algún pueblo fronterizo
Sin tomar la mano de un amor no los detiene en la tierra, los Nómadas
Y cuando vemos mulas y burros pasando bajo los plátanos
Aunque seamos laicos nos gustaría seguir la caravana
Nómadas

Escrita por: Jean Ferrat / Michelle Senlis