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Si fuera pintor o albañil

Jean Ferrat

Si j'etais peintre ou macon

Si j'étais peintre ou maçon, métallo ou forgeron
Que je travaille à la chaîne en écoutant ma rengaine
Vous vous feriez une raison, si j'étais peintre ou maçon
Mais je gagne des millions et combats à ma façon
Votre bien-aimé système et votre teint devient blême
Quand je dis révolution, moi qui gagne des millions

Vous avez peur d'une chanson, peur de l'avenir
Vous manquez d'imagination jusqu'à en mourir

Si je sortais de prison, si je couchais sous les ponts
Vous vous diriez c'est la haine, ce serait pour votre aubaine
Une belle explication si je sortais de prison
Moi qui croque vos millions quand je chante abolissons
Votre bien-aimé système, vous criez que je blasphème
De vos profits le saint nom, moi qui croque vos millions

Vous avez peur d'une chanson, peur de l'avenir
Vous manquez d'imagination jusqu'à en mourir

Quand je chantais pour deux ronds, dormais sur un paillasson
Vous disiez c'est la bohème, passé l'temps des cafés-crème
Il changera d'opinion quand je chantais pour deux ronds
Avec ou sans vos millions, dissipez vos illusions
Vous ne m'aurez pas quand même, être fidèle à moi-même
Reste ma seule ambition, avec ou sans vos millions
Nous qui sommes des millions, vous déclarons sans façon
Gardez bien votre système car il changera quand même
Que vous le vouliez ou non, nous qui sommes des millions

Si fuera pintor o albañil

Si yo fuera pintor o albañil, metalúrgico o herrero
Que trabajo en la cadena de montaje mientras escucho mi vieja canción
Sería razonable si yo fuera pintor o albañil
Pero gano millones y lucho para abrirme camino
Tu amado sistema y tu tez palidecen
Cuando digo revolución, soy yo quien gana millones

Tienes miedo de una canción, miedo del futuro
Te falta tanto imaginación que te mueres de ella

Si saliera de la cárcel, si durmiera bajo los puentes
Te dirías a ti mismo que es odio, sería para tu buena fortuna
Una buena explicación si salgo de prisión
Yo que me como tus millones cuando canto abolir
Tu amado sistema, lloras porque blasfemo
El santo nombre de tus ganancias, yo que como tus millones

Tienes miedo de una canción, miedo del futuro
Te falta tanto imaginación que te mueres de ella

Cuando cantaba por dos centavos, dormía en un felpudo
Dijiste que era bohemio, pasado el tiempo del café-crème
Cambiará de opinión cuando cante por dos centavos
Con o sin tus millones, disipa tus ilusiones
Aunque no me entenderás, siendo fiel a mí mismo
Mi única ambición sigue siendo, con o sin tus millones
Nosotros, que somos millones, os declaramos sin ceremonia
Mantenga su sistema seguro porque seguirá cambiando
Te guste o no, nosotros que somos millones

Escrita por: Jean Ferrat