Les cerises de Monsieur Clément
Un certain Clément Jean Baptiste
Qui habitait rue Saint-Vincent
Voulant écrire un compliment
Trempa sa plume dans le sang
Qu'elles étaient rouges les cerises
Que nous chantait Monsieur Clément
C'était plus beau qu'un Evangile
C'était des mots de maintenant
Mais il faudrait que nos enfants
N'attendent pas comme on attend
Qu'elles mûrissent les cerises
Que nous chantait Monsieur Clément
Bien sûr c'est difficile
De mourir quand on a vingt ans
Mais pour quelques cerises
Que ne ferait-on au printemps
De République en République
Toujours cocu toujours content
On applaudit les bons truands
Au ventre rond au ventre blanc
Qui nous revendent les cerises
Qu'avait rêvé Monsieur Clément
Tous ces pontifes des Eglises
Tous ces suiveurs de régiments
Voudront nous manger tout vivant
Mais ils se casseront les dents
Sur les noyaux de ces cerises
Du verger de Monsieur Clément
Bien sûr c'est difficile
De mourir quand on a vingt ans
Mais pour quelques cerises
Que ne ferait-on au printemps
Las cerezas del Señor Clément
Un tal Clément Jean Baptiste
Que vivía en la calle Saint-Vincent
Queriendo escribir un cumplido
Mojo su pluma en la sangre
Qué rojas eran las cerezas
Que nos cantaba el Señor Clément
Era más hermoso que un Evangelio
Eran palabras del presente
Pero nuestros hijos deberían
No esperar como se espera
Que maduren las cerezas
Que nos cantaba el Señor Clément
Claro que es difícil
Morir cuando se tiene veinte años
Pero por unas cerezas
¿Qué no haríamos en primavera?
De República en República
Siempre engañado, siempre contento
Aplaudimos a los buenos truhanes
Con la barriga redonda, con la barriga blanca
Que nos revenden las cerezas
Que soñó el Señor Clément
Todos esos pontífices de las Iglesias
Todos esos seguidores de regimientos
Querrán comernos vivos
Pero se romperán los dientes
Con los huesos de estas cerezas
Del huerto del Señor Clément
Claro que es difícil
Morir cuando se tiene veinte años
Pero por unas cerezas
¿Qué no haríamos en primavera?