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Los zarzales

Michel Fugain

Les ronciers

On cueillait des mûres sur les ronciers
Au bord de l'Isère
On cueillait des mûres et des baisers
Encore un peu verts
On regardait les filles, les filles riaient, souriaient
Sous leurs jupes jonquille, les fruits de l'été, s'éveillaient

On cueillait des mûres sur les ronciers
Au bord de l'Isère
Et si les ronces ou l'amour piquaient
La belle affaire!

C'était l'âge où l'on remplissait
Nos premiers cendriers
On rêvait de vivre
Sans se plier
Histoire de se distinguer

C'était l'âge où l'on se soûlait
De toutes les idées!

On cueillait des mûres sur les ronciers
Après le ciné
Ces vieux films en noir et blanc mais faits
Comme on les aimait
On parlait pour les filles, les filles écoutaient, à
Côté
Il fallait que l'on brille pour les approcher, de plus près

C'était l'âge où l'on refaisait
Le monde qu'on voulait
Le sourire aux lèvres
Pour mieux cacher
Qu'un jour tout allait changer

C'était l'âge où l'on attendait
L'avenir qui venait

On cueillait des mûres sur les ronciers
Au bord de l'Isère
Et si les ronces ou la vie piquaient
La belle affaire!

Il n'y a plus de mûres ni de ronciers
Au bord de l'Isère

Los zarzales

Recogíamos moras en los zarzales
A la orilla del Isère
Recogíamos moras y besos
Todavía un poco verdes
Mirábamos a las chicas, las chicas reían, sonreían
Bajo sus faldas amarillas, los frutos del verano, despertaban

Recogíamos moras en los zarzales
A la orilla del Isère
Y si las espinas o el amor picaban
¡Qué gran cosa!

Era la época en que llenábamos
Nuestros primeros ceniceros
Soñábamos con vivir
Sin someternos
Para destacar un poco

Era la época en que nos embriagábamos
De todas las ideas!

Recogíamos moras en los zarzales
Después del cine
Esas viejas películas en blanco y negro pero hechas
Como nos gustaban
Hablábamos por las chicas, las chicas escuchaban, al
Lado
Tenía que brillar para acercarnos, un poco más

Era la época en que rehacíamos
El mundo que queríamos
Con una sonrisa en los labios
Para ocultar mejor
Que un día todo iba a cambiar

Era la época en que esperábamos
El futuro que venía

Recogíamos moras en los zarzales
A la orilla del Isère
Y si las espinas o la vida picaban
¡Qué gran cosa!

Ya no hay más moras ni zarzales
A la orilla del Isère

Escrita por: Michel Fugain