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Boulevard de la infancia (part. Francis Cabrel)

Gauvain Sers

Boulevard de l'enfance (part. Francis Cabrel)

On l'arrache de son lit, l'enfant de Somalie
Sans lui laisser le choix
Il aura dès demain un fusil dans les mains
Et du sang sur les doigts
C'est même pas un ado et ça fait froid dans le dos
Quand on sait, par-dessus tout
Que les beaux marchands d'armes, les fabricants de larmes
Sont bien au chaud chez nous

On la chasse de son pieu et l'empire du milieu
La prendra sous son aile
Elle aura dès demain la fillette aux petites mains
Une machine devant elle
Pour fabriquer bien sûr des poupées, des chaussures
Qui feront des tas de jaloux
Quand les immenses cargos tassés comme des Lego
Arriveront jusqu'à nous

Nous deux, on en a eu de la chance
D'avoir décroché l'innocence
Au grand loto de la naissance
On n'a manqué de rien tu penses
On a côtoyé l'insouciance
Sur le boulevard de l'enfance

On recrute au berceau le gosse de Mexico
Et sa grande sœur de vie
Qu'il faudra dès demain écouler en sous-main
De la drôle de farine
Et puis rester fidèle au patron du cartel
Le roi de la poudre blanche
Celle qu'on sniffe à Paname en trouvant ça infâme
Les guerres que ça déclenche

On la tire de ses draps la môme qui vient de là
Où les yeux bleus fourmillent
Elle aura dès demain un petit sac à main
Mais plus de nom de famille
On lui demandera face à la caméra
De poser sans arrêt
Pour que dans cinq secondes des hommes au bout du monde
La désirent en secret

Nous deux, on en a eu de la chance
D'avoir décroché l'innocence
Au grand loto de la naissance
On n'a manqué de rien tu penses
On a côtoyé l'insouciance
Sur le boulevard de l'enfance

Nous deux, on a grandi en France
On en a eu de la chance
Au grand loto de la naissance
On n'a manqué de rien tu penses
Sur le boulevard de l'enfance

On n'a manqué de rien tu penses
Sur le boulevard de l'enfance
On n'a manqué de rien tu penses
Sur le boulevard de l'enfance

Boulevard de la infancia (part. Francis Cabrel)

Lo arrancan de su cama, el niño de Somalia
Sin dejarle opción
Mañana tendrá un fusil en las manos
Y sangre en los dedos
No es ni un adolescente y da miedo pensar
Cuando sabemos, sobre todo
Que los bonitos comerciantes de armas, los fabricantes de lágrimas
Están bien calentitos en casa

La echan de su cama y el imperio del medio
La tomará bajo su ala
Mañana tendrá a la niñita de manos pequeñas
Una máquina frente a ella
Para fabricar, por supuesto, muñecas, zapatos
Que harán que muchos sientan envidia
Cuando los enormes cargueros apilados como Legos
Lleguen hasta nosotros

Nosotros dos, hemos tenido suerte
De haber conseguido la inocencia
En la gran lotería del nacimiento
No nos ha faltado nada, ¿crees?
Hemos estado cerca de la despreocupación
En el boulevard de la infancia

Reclutan desde la cuna al niño de México
Y a su hermana mayor de vida
Que habrá que vender mañana por debajo de la mesa
De una extraña harina
Y luego permanecer fiel al jefe del cartel
El rey de la cocaína
Esa que se esnifa en la ciudad, encontrándola asquerosa
Las guerras que eso provoca

La sacan de sus sábanas a la chica que viene de allí
Donde los ojos azules abundan
Mañana tendrá un pequeño bolso
Pero ya no tendrá apellido
Le pedirán frente a la cámara
Que pose sin parar
Para que en cinco segundos hombres al otro lado del mundo
La deseen en secreto

Nosotros dos, hemos tenido suerte
De haber conseguido la inocencia
En la gran lotería del nacimiento
No nos ha faltado nada, ¿crees?
Hemos estado cerca de la despreocupación
En el boulevard de la infancia

Nosotros dos, crecimos en Francia
Hemos tenido suerte
En la gran lotería del nacimiento
No nos ha faltado nada, ¿crees?
En el boulevard de la infancia

No nos ha faltado nada, ¿crees?
En el boulevard de la infancia
No nos ha faltado nada, ¿crees?
En el boulevard de la infancia