395px

Ya no hay almendras

Georges Moustaki

Il n'y a plus d'amandes

Il n'y a plus d'amandes :
Les écureuils ont tout mangé
Et les oiseaux ont ravagé
Les vignes qui s'étendent
Jusqu'au prochain verger.
Le foin sent la lavande,
Ta gorge chaude l'oranger.
Mes lèvres vont se mélanger
A tes lèvres gourmandes.
Rien ne viendra nous déranger.

Le vieux moulin à vent
Ne battra plus des ailes.
Le seau rouillé sur sa margelle
Ne grincera plus comme avant.
Les écureuils au coin du feu s'endorment.
Viens, faisons comme eux.

Je te fais une guirlande
De fleurs des champs, de fleurs des prés,
Et nos deux corps sont bien trop près
Et notre faim si grande.
Ne nous faisons plus désirer.
Il n'y a plus d'amandes :
Les écureuils ont tout mangé

Mais j'en aurai en contrebande
Pour t'y faire goûter
Sans attendre l'été.

Ya no hay almendras

Ya no hay almendras:
Las ardillas se las comieron todas
Y los pájaros arrasaron
Los viñedos que se extienden
Hasta el próximo huerto.
El heno huele a lavanda,
Tu garganta caliente a naranjo.
Mis labios se mezclarán
Con tus labios golosos.
Nada vendrá a molestarnos.

El viejo molino de viento
Ya no batirá sus alas.
El cubo oxidado en su brocal
Ya no chirriará como antes.
Las ardillas en la esquina del fuego se duermen.
Ven, hagamos como ellos.

Te hago una guirnalda
De flores del campo, de flores de prado,
Y nuestros dos cuerpos están demasiado cerca
Y nuestra hambre tan grande.
No nos hagamos desear más.
Ya no hay almendras:
Las ardillas se las comieron todas.

Pero tendré contrabando
Para que las pruebes
Sin esperar al verano.

Escrita por: Georges Moustaki / Henri Salvador