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La Joven

Georges Moustaki

La Jeune Fille

Maman, parfois tu exagères
Tu ne vois pas que j’ai grandi
J’ai dix-sept ans depuis hier
Je suis belle et on me le dit

J’aime bien les vacances en famille
Quand ça ne dure pas trop longtemps
Quand tu étais encore jeune fille
Tu ne pensais pas autrement

Et les repas interminables
Avec les tantes et les cousins
Sans le droit de quitter la table
Pour retrouver tous mes copains

C’est ennuyeux d’être gentille
Pour faire plaisir aux grands-parents
Quand tu étais encore jeune fille
Tu ne pensais pas autrement

En classe, j’ai toujours la moyenne
D’accord, ce n’est pas très brillant
Mais c’est dur d’être lycéenne
Quand les profs ne sont pas marrants

Je sais qu’il faut que j’étudie
Mais n’aies pas peur je prendrai le temps
Quand tu étais encore jeune fille
Tu ne pensais pas autrement

Il faudra que tu t’habitues
À me voir rentrer au p’tit jour
Le teint blafard, les yeux battus
Et le corps chaviré d’amour

Si on ne vivait pas ses folies
La vie n’aurait plus aucun goût
Quand tu étais encore jeune fille
Tu as dû en faire beaucoup

Et ne crains pas que je m’éloigne
Je t'emmènerai avec moi
Revoir les châteaux en Espagne
Que tu bâtissais autrefois

Nous partagerons toutes nos envies
Nos coups de tête, nos coups de cœur
Tu redeviendras la jeune fille
Qui me ressemble comme une sœur

Comme une sœur

La Joven

Mamá, a veces te pasas
No ves que he crecido
Cumplí diecisiete ayer
Soy hermosa y me lo dicen

Me gustan las vacaciones en familia
Cuando no son muy largas
Cuando aún eras joven
No pensabas de otra manera

Y las comidas interminables
Con las tías y los primos
Sin poder dejar la mesa
Para encontrar a mis amigos

Es aburrido ser amable
Para complacer a los abuelos
Cuando aún eras joven
No pensabas de otra manera

En clase, siempre tengo promedio
Está bien, no es muy brillante
Pero es difícil ser estudiante
Cuando los profes no son divertidos

Sé que tengo que estudiar
Pero no te preocupes, tomaré mi tiempo
Cuando aún eras joven
No pensabas de otra manera

Tendrás que acostumbrarte
A verme llegar al amanecer
Con la cara pálida, los ojos cansados
Y el cuerpo deshecho de amor

Si no viviéramos estas locuras
La vida no tendría sabor
Cuando aún eras joven
Debiste hacer muchas

Y no temas que me aleje
Te llevaré conmigo
A ver los castillos en España
Que solías construir

Compartiremos todos nuestros deseos
Nuestros arrebatos, nuestros amores
Volverás a ser la joven
Que se parece a mí como una hermana

Como una hermana