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Un Día Te Fuiste

Georges Moustaki

Un Jour Tu Es Parti

Un jour tu es parti sous terre ou dans le ciel
Pour goûter au repos que l'on dit éternel
Rejoindre les copains qui t'avaient précédé
Et courtiser les muses de l'autre côté

Et nous sommes restés gros Jean comme devant
Nous tous qui nous sentions pareils à des enfants
Qui auraient grandi à l'ombre de ta moustache
Tu nous avais appris à crier: Mort aux vaches
Sur un air de guitare et sans mâcher les mots
Et surtout à être bons pour les animaux

Au bord de notre mer Méditerrannée
Tu reposes là où jadis tu étais né
Et je soupçonne que tu ne dors que d'un œil
Pour regarder passer quelque vestale en deuil
Que le vent déshabille d'un geste fripon
Comme pout te montrer l'envers de ses jupons

Ils ont fait ton éloge et célébré tes vers
Ils ont failli te faire porter l'habit vert
Et a titre posthume ils sont encore capables
De faire de toi un poète respectable
Toi qui ne respectais pas grand chose avoue-le
Et suivais simplement une autre route qu'eux

Voici que moi aussi je viens faire un discours
Pardonne-moi de ne pas le faire plus court
Et si tu peux m'entendre depuis l'au-delà
Continue je t'en prie de nous donner le la
Raconte-nous comment ça se passe là-bas
Si tu t'y plais au point de n'en revenir pas

Rejoindre les copains qui t'avaient précédé
Et courtiser les muses de l'autre côté

Un Día Te Fuiste

Un día te fuiste, ya sea bajo tierra o en el cielo
Para probar el descanso que dicen es eterno
Te uniste a los amigos que te habían precedido
Y cortejaste a las musas del otro lado

Y nosotros nos quedamos como tontos, sin saber
Todos nosotros que nos sentíamos como niños
Que habrían crecido a la sombra de tu bigote
Nos enseñaste a gritar: ¡Muerte a los toros!
Sobre un ritmo de guitarra y sin morder las palabras
Y sobre todo a ser buenos con los animales

A la orilla de nuestro mar Mediterráneo
Descansas donde un día naciste
Y sospecho que solo duermes con un ojo
Para mirar pasar a alguna vestal de luto
Que el viento despoja con un gesto travieso
Como para mostrarte el revés de sus faldas

Hicieron tu elogio y celebraron tus versos
Casi te hacen llevar el abrigo verde
Y a título póstumo aún son capaces
De hacer de ti un poeta respetable
Tú que no respetabas gran cosa, admítelo
Y simplemente seguías un camino diferente al de ellos

Aquí estoy yo también para dar un discurso
Perdóname por no hacerlo más corto
Y si puedes oírme desde el más allá
Continúa, por favor, dándonos la pauta
Cuéntanos cómo es la vida allá
Si te gusta tanto que no piensas volver

Te uniste a los amigos que te habían precedido
Y cortejaste a las musas del otro lado