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El entierro de Cornelio

Gilbert Becaud

L'enterrement de Cornélius

On était deux cents à l'enterrement de Cornélius
N'en manquait pas un des vieux copains de Cornélius
Habillés de blanc pour l'enterrement de Cornélius
Le soleil cognait, joli mois de mai, pour Cornélius

Au bord du trottoir
Une bande de bavards
S'était rassemblée pour voir
Et c'est le laitier
Qui avait prêté
Son chariot pour l'emporter

Couché près de lui
On avait mis
Son saxophone
La veuve pleurait
Les gosses mâchaient
Des chewing-gums
Pour le déposer sur le chariot
Où l'attendait sa place
Les copains l'ont chargé sur le dos
Comme une contrebasse

C'est à ce moment
Qu' les instruments
S' sont mis à jouer,
À jouer en chemin
Tous les refrains
Du trépassé

On est parti sur le chemin
Plein de pierres, de trous, plein de chagrin
Qui conduisait au cimetière, oh oh
Au cimetière
Le défilé s'augmentait sans fin
Les enfants attirés par la musique
Et les vieillards qui ne pouvaient plus rien
Regardaient passer le défunt

Les lèvres desséchées par la poussière
On s'est arrêté pour boire dans la montée
On est arrivé enfin au cimetière
Le chariot nous y attendait
Quand on a mis Cornélius dans la terre
Son saxophone brillait tout près de lui
Et le pasteur alors nous a fait taire
En chantant son De profundis
En chantant son De profundis

Et l'on est reparti sur le chemin
Plein de pierres, de trous, plein de chagrin
Qui revenait du cimetière, oh oh
Du cimetière
La veuve qui ne pouvait plus marcher
Est r'descendue sur le char du laitier
Et nous, on a continué de jouer
Et de boire sans nous arrêter

On a bu, on a bu toute la nuit
Dans la maison de la veuve endormie
Tant et si bien qu'au lever de l'aurore
Cornélius pour nous n'était plus mort
Cornélius pour nous n'était plus mort !

On était deux cents à l'enterrement de Cornélius
N'en manquait pas un des vieux copains de Cornélius
Quel bel enterrement que l'enterrement de Cornélius !
Quand j' quitterai la Terre, j' veux qu'on m'enterre comme Cornélius !

El entierro de Cornelio

Éramos doscientos en el entierro de Cornelio
No faltaba ninguno de los viejos amigos de Cornelio
Vestidos de blanco para el entierro de Cornelio
El sol golpeaba, lindo mes de mayo, para Cornelio

En el borde de la acera
Un grupo de parlanchines
Se había reunido para ver
Y fue el lechero
Quien prestó
Su carreta para llevarlo

Acostado junto a él
Habían puesto
Su saxofón
La viuda lloraba
Los niños masticaban
Chicles
Para colocarlo en la carreta
Donde lo esperaba su lugar
Los amigos lo cargaron en sus espaldas
Como si fuera un contrabajo

Fue en ese momento
Que los instrumentos
Comenzaron a tocar,
A tocar en el camino
Todos los estribillos
Del difunto

Partimos por el camino
Lleno de piedras, de hoyos, lleno de tristeza
Que conducía al cementerio, oh oh
Al cementerio
El desfile se alargaba sin fin
Los niños atraídos por la música
Y los ancianos que ya no podían hacer nada
Miraban pasar al difunto

Los labios resecos por el polvo
Nos detuvimos a beber en la subida
Finalmente llegamos al cementerio
La carreta nos esperaba allí
Cuando pusimos a Cornelio en la tierra
Su saxofón brillaba cerca de él
Y el pastor entonces nos hizo callar
Cantando su De profundis
Cantando su De profundis

Y volvimos por el camino
Lleno de piedras, de hoyos, lleno de tristeza
Que regresaba del cementerio, oh oh
Del cementerio
La viuda que ya no podía caminar
Bajó del carro del lechero
Y nosotros seguimos tocando
Y bebiendo sin parar

Bebimos, bebimos toda la noche
En la casa de la viuda dormida
Tanto que al amanecer
Cornelio para nosotros ya no estaba muerto
¡Cornelio para nosotros ya no estaba muerto!

Éramos doscientos en el entierro de Cornelio
No faltaba ninguno de los viejos amigos de Cornelio
¡Qué bello entierro fue el entierro de Cornelio!
Cuando deje la Tierra, ¡quiero que me entierren como a Cornelio!

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