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Pardon Emília

Gilberto Alves

Perdão Emília

Já tudo dorme, vem a noite em meio.
A turva lua surgindo além.
Tudo é silêncio; só se vê nas campas piar o mocho no cruel desdém.

Depois, um vulto de roupagem preta,
No cemitério com vagar entrou.
Junto ao sepulcro, se curvando a medo,
Com triste frases nesta voz falou:
- Monstro tirano, pra que vens agora
Lembrar-me as mágoas que por ti passei?
Lá nesse mundo em que vivi chorando,
Desde o instante em que te vi e amei.
Chegou a hora de tomar vingança,
Mas tu, ingrato, não terás perdão...
Deus não perdoa as tuas culpas todas,
Castigo justo tu terás, então.

Mas este vulto de roupagem preta,
Tombou, de chofre, sobre a terra fria.
E quando a aurora despontou, na lousa
Um corpo inerte a dormitar se via:

- Perdão, Emília, se roubei-te a vida,
Se fui impuro, fui cruel, ousado...
Perdão, Emília, se manchei teus lábios.
Perdão, Emília, para um desgraçado.

Pardon Emília

Déjà tout dort, vient la nuit entre.
La lune trouble surgit au loin.
Tout est silence ; seul dans les tombes, on entend le hibou au cruel mépris.

Puis, une ombre en habit noir,
Dans le cimetière entra lentement.
Près du sépulcre, se courbant avec crainte,
Avec des phrases tristes, elle parla :
- Monstre tyran, pourquoi viens-tu maintenant
Me rappeler les peines que j'ai subies à cause de toi ?
Là dans ce monde où j'ai vécu en pleurant,
Depuis l'instant où je t'ai vu et aimé.
Il est temps de prendre ma revanche,
Mais toi, ingrat, tu n'auras pas de pardon...
Dieu ne pardonne pas toutes tes fautes,
Une juste punition tu recevras, alors.

Mais cette ombre en habit noir,
Tomba, soudain, sur la terre froide.
Et quand l'aube se leva, sur la pierre
Un corps inerte était là à sommeiller :

- Pardon, Emília, si je t'ai volé la vie,
Si j'ai été impur, cruel, audacieux...
Pardon, Emília, si j'ai terni tes lèvres.
Pardon, Emília, pour un malheureux.

Escrita por: Joao Portaro