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Tenía 17 años

Jean-Jacques Goldman

Elle Avait 17 Ans

"A quoi tu rêves redescends
C'est comme ça passe autrement
Faudra bien que tu comprennes
A chaque jour suffit sa peine

Après tout ce qu'on a fait pour toi
A ton âge, on se plaignait pas
L'excès en tout est un défaut
T'as pourtant pas tout ce qui te faut?"

Ça devrait être interdit
Tous ces mots tranchants comme des scies
Antidotes à la vie, à l'envie
Mais quelle est sa maladie?

Elle avait dix-sept ans, elle avait tant et tant de rêves à vivre
Et si peu l'envie de rêver, comme ces gens àgés qui tuent le temps
Qu'ils n'ont plus, assis sur des bancs
Dix-sept ans, elle dérivait à l'envers loin des vérités avérées
Elle disait qui vivra verra, et moi je vivrai, vous verrez!

"Méfie-toi de tes amis
Dans la vie pas de sentiment
On ne vit pas avec des si
Y'a les gagnants et les perdants
T'as trop d'imagination
Mais garde un peu les pieds sur terre
Faudra que tu te fasse une raison
Attends, tais-toi, mais pour qui tu te prends?"

Elle aimait pas les phrases en cage
Être sage, pas le courage
Elle disait quitte à tomber de haut
Qu'elle vendrait chèrement sa peau

Elle avait dix-sept ans
Elle prenait la vie comme un livre qu'elle commençait par la fin
Ne voulait surtout pas choisir pour ne jamais renoncer à rien
Dix-sept ans
Elle était sans clé, sans bagages, pauvres accessoires de l'âge
Elle voulait que ses heures dansent au rythme de ses impatiences

Face à tant d'appétit vorace
Que vouliez-vous que j'y fasse?

A tant de violente innocence
J'avais pas l'ombre d'une chance

Tenía 17 años

A qué sueñas, regresa
Es así, pasa de otra manera
Tendrás que entenderlo bien
Cada día tiene su aflicción

Después de todo lo que hicimos por ti
A tu edad, no nos quejábamos
El exceso en todo es un defecto
¿Aún así no tienes todo lo que necesitas?

Debería estar prohibido
Todas esas palabras cortantes como sierras
Antídotos para la vida, para el deseo
Pero, ¿cuál es su enfermedad?

Tenía diecisiete años, tenía tantos y tantos sueños por vivir
Y tan poco deseo de soñar, como esas personas mayores que matan el tiempo
Que ya no tienen, sentados en bancos
Diecisiete años, ella derivaba hacia atrás lejos de las verdades comprobadas
Decía 'quien vivirá, verá', ¡y yo viviré, verán!

'Cuidado con tus amigos
En la vida no hay sentimientos
No se vive con 'y si'
Hay ganadores y perdedores
Tienes demasiada imaginación
Pero mantén los pies en la tierra
Tendrás que aceptarlo
Espera, cállate, ¿pero quién te crees que eres?'

No le gustaban las frases enjauladas
Ser sensata, no tenía el coraje
Decía que prefería caer desde lo alto
Y vendería caro su pellejo

Tenía diecisiete años
Tomaba la vida como un libro que empezaba por el final
No quería elegir, para nunca renunciar a nada
Diecisiete años
Estaba sin llave, sin equipaje, pobres accesorios de la edad
Quería que sus horas bailaran al ritmo de sus impaciencias

Frente a tanto apetito voraz
¿Qué querían que hiciera?

Ante tanta violencia inocente
No tenía ni la sombra de una oportunidad

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