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Gangrena

Guillaume Grand

Gangrène

Il y a des mots qui nous bercent
Il y a des mots qui transpercent
Qui pénètrent et gangrèment
Même la plus belle des veines
Quand le vent souffle amour
Quand le rouge est colère
Quand nos yeux pleurent encore
Même nos dernières fièvres

Y a des jours qui accueillent
D'autres qui sont couveerts
Comme les yeux de l'aveugle
Qui ne voient plus la lumière
Quand la dernière couche d'or
Restée sur les charnières
S'envole, s'évapore
Comme une vulgaire poussière

Moi les mots je les entends
Je les saigne et les range
Je te les vends je te les tends
Je te les fous dans les dents
Y a pas d'heure pas de trêve
Pour lyncher l'éphémère
Sombre horrible et pas clair
Misère de tes lettres

Moi les mots je les entends
Je les saigne et les range
Je te les vends je te les tends
Je te les fous dans les dents
Y a pas d'heure pas de trêve
Pour lyncher l'éphémère
Sombre horrible et pas clair
Misère de tes lettres

Tu t'es pris d'une passion
D'une science de bouffon
De la bouffe pour cochons
Servie par des moutons
Mais c'est vrai qu'il en est
Des ports mal famés
Des abris pour nos putes
Nos amiraux ratés

Moi les mots je les entends
Je les saigne et les range
Je te les vends je te les tends
Je te les fous dans les dents
Y a pas d'heure pas de trêve
Pour lyncher l'éphémère
Sombre horrible et pas clair
Misère de tes lettres

Moi les mots je les entends
Je les saigne et les range
Je te les vends je te les tends
Je te les fous dans les dents
Y a pas d'heure pas de trêve
Pour lyncher l'éphémère
Sombre horrible et pas clair
Misère de tes lettres

Moi les mots je les entends
Je vous les rends je vous les tends
Je les saigne et les range
Je vous les fous dans les dents
Y a pas d'heure pas de trêve
Pour lyncher l'éphémère
Sombre horrible et pas clair
Misère de vos lettres

Moi les mots je les entends
Je les saigne et les range
Je vous les rends je vous les tends
Je vous les fous dans les dents
Y a pas d'heure pas de trêve
Pour lyncher l'éphémère
Sombre horrible et pas clair
Misère de vos lettres

Moi les mots je les entends
Je les saigne et les range
Je te les vends je te les tends
Je te les fous dans les dents
Y a pas d'heure pas de trêve
Pour lyncher l'éphémère
Sombre horrible et pas clair
Misère de tes lettres

Gangrena

Hay palabras que nos mecen
Hay palabras que traspasan
Que penetran y gangrenan
Incluso la más bella de las venas
Cuando el viento sopla amor
Cuando el rojo es ira
Cuando nuestros ojos lloran aún
Incluso nuestras últimas fiebres

Hay días que acogen
Otros que están cubiertos
Como los ojos del ciego
Que ya no ven la luz
Cuando la última capa de oro
Que quedó en las bisagras
Se vuela, se evapora
Como un vulgar polvo

Yo los palabras las escucho
Las sangro y las guardo
Te las vendo, te las ofrezco
Te las meto en los dientes
No hay hora, no hay tregua
Para linchar lo efímero
Oscuro, horrible y poco claro
Miseria de tus letras

Yo los palabras las escucho
Las sangro y las guardo
Te las vendo, te las ofrezco
Te las meto en los dientes
No hay hora, no hay tregua
Para linchar lo efímero
Oscuro, horrible y poco claro
Miseria de tus letras

Te has encariñado con una pasión
Con una ciencia de bufón
Con la comida para cerdos
Servida por ovejas
Pero es cierto que hay
Puertos mal famados
Refugios para nuestras putas
Nuestros almirantes fracasados

Yo los palabras las escucho
Las sangro y las guardo
Te las vendo, te las ofrezco
Te las meto en los dientes
No hay hora, no hay tregua
Para linchar lo efímero
Oscuro, horrible y poco claro
Miseria de tus letras

Yo los palabras las escucho
Las sangro y las guardo
Te las vendo, te las ofrezco
Te las meto en los dientes
No hay hora, no hay tregua
Para linchar lo efímero
Oscuro, horrible y poco claro
Miseria de tus letras

Yo los palabras las escucho
Se los devuelvo, se los ofrezco
Las sangro y las guardo
Se los meto en los dientes
No hay hora, no hay tregua
Para linchar lo efímero
Oscuro, horrible y poco claro
Miseria de sus letras

Yo los palabras las escucho
Las sangro y las guardo
Se los devuelvo, se los ofrezco
Se los meto en los dientes
No hay hora, no hay tregua
Para linchar lo efímero
Oscuro, horrible y poco claro
Miseria de sus letras

Yo los palabras las escucho
Las sangro y las guardo
Te las vendo, te las ofrezco
Te las meto en los dientes
No hay hora, no hay tregua
Para linchar lo efímero
Oscuro, horrible y poco claro
Miseria de tus letras

Escrita por: Guillaume Grand / Sylvain Rabbath