Dérouillade blues
J'étais assis sur les Champs-Elysées
En train de boire un quart vichy bien frais
Soudain je vois
Une bagnole s'arrêter
Il en descend trois malabars
Qui viennent me regarder sous l'nez
L'premier s'assied tout seul en face de moi
Il fait la gueule mais il ne l'ouvre pas
Et ses deux potes restent de son côté
Ils gardent les mains dans leurs poches
Je commence à me sentir gêné
Moi je gamberge à toute berzingue
C'est pire que la télé
J'ai beau chercher qui sont ces dingues
Je n'peux pas les r'pérer
Ils viennent de faire un p'tit signe au garçon
Ça f'ra trois scotchs en plus de l'addition
Mais ça m'ennuie
Ils n'ont encore rien dit
J'essaie d'avoir l'air astucieux
Mais je me sens devenir vieux
Ils ont fini d'écluser leur godet
Çui qu'a l'air vache me fait signe de payer
Puis il se lève
En m'empoignant par le nez
Il me traîne jusqu'à la voiture
Et m'y installe d'un bon coup d'pied
On a été faire un p'tit tour au bois
C'est bourré d'flics, mais là y en avait pas
I'm'font descendre
Et m'entraînent dans une allée
Je prends plus de coups que j'peux en rendre
En moins d'temps qu'il n'faut pour pleurer
Ils me passent un fameux tabac
Ça c'est pas d'veine, moi qui n'fume pas
Je suis couché dans l'herbe tendre
Avec le nez en biais
Ils fouillent mes poches, y a rien à prendre
J'ai juste un peu d'monnaie
Voilà qu'ils regardent
Ma carte d'identité
Et là j'dois dire qu'ils ont l'air épaté
Ils se consultent
Et reviennent très gênés
En me disant
M'sieur Salvador
Excusez-nous
On s'est trompés
On vous a pris
Pour un boxeur
Qui nous a séduit
Nos petites soeurs
Blues de la desilusión
Estaba sentado en el Paseo de la Reforma
Tomando un cuarto de agua bien fría
De repente veo
Un coche que se detiene
Bajan tres tipos grandotes
Que vienen a mirarme de frente
El primero se sienta solo frente a mí
Hace cara de enojado pero no dice nada
Y sus dos amigos se quedan a su lado
Con las manos en los bolsillos
Empiezo a sentirme incómodo
Yo estoy pensando a mil por hora
Es peor que la tele
Por más que busco quiénes son estos locos
No puedo identificarlos
Acaban de hacerle una señal al mesero
Eso serán tres tragos más en la cuenta
Pero me molesta
No han dicho nada aún
Intento verme astuto
Pero me siento viejo
Han terminado de vaciar su vaso
El que se ve más rudo me hace señal de que pague
Luego se levanta
Agarrándome del cuello
Me arrastra hasta el coche
Y me mete de una patada
Fuimos a dar una vuelta por el parque
Está lleno de policías, pero ahí no había
Me hacen bajar
Y me llevan a un callejón
Recibo más golpes de los que puedo devolver
En menos tiempo del que se necesita para llorar
Me pasan un buen tabaco
Eso no es suerte, yo que no fumo
Estoy tirado en la hierba suave
Con la nariz torcida
Revisan mis bolsillos, no hay nada que llevar
Solo tengo un poco de dinero
Y ahora miran
Mi identificación
Y ahí debo decir que se ven sorprendidos
Se consultan
Y regresan muy avergonzados
Diciéndome
Señor Salvador
Disculpe
Nos hemos equivocado
Lo confundimos
Con un boxeador
Que nos sedujo
A nuestras hermanitas