395px

Entonces me senté (N°2)

Jean Guidoni

Alors Je Me Suis Assis (N°2)

Alors je me suis assis sur le banc noir
Et j'ai regardé autour de moi
Ce lieu que je pouvais reconnaître
Et qui, maintenant, aujourd'hui, me semblait si proche,
Familier, presque amical, et comme si depuis toujours comme cela,
Moi, ici, les choses étaient inscrites et décidées, sans doute,
Allant de soi, ici,
Moi seul, perdu mon sort fixé,
Mon pauvre destin classifié et évidant des liens soudain si lisibles,
Si raisonnablement tendus entre mes pensées et mes actes manqués
Ma vie et ta mort,
L'amour et le regret,
A la façon des ces trops claires déductions
Dont je riais lorsqu'elles intervenaient à point nommé
Pour donner un peu de logique au final obscure d'un de ces films policiers que j'aimais,
Mais dont je n'aurais jamais pu penser que le scénario, tout à coup,
Ressemblerait à tant à cette histoire-là,

Notre histoire, aussi gris, aussi banal qu'elle, et qui, cependant
Je crois pouvoir m'en souvenir recèlait l'image belle et mystérieuse,
Inexplicable et pourtant décisive, d'un placard aux portes ouvertes
Et encore, d'un lit bien fait dans une chambre claire,
L'un et l'autre illuminés par une simple paire de draps blancs

Entonces me senté (N°2)

Entonces me senté en el banco negro
Y miré a mi alrededor
Este lugar que podía reconocer
Y que, ahora, hoy, me parecía tan cercano,
Familiar, casi amigable, y como si desde siempre así fuera,
Yo, aquí, las cosas estaban escritas y decididas, sin duda,
Dándose por sentado, aquí,
Yo solo, perdiendo mi destino fijo,
Mi pobre destino clasificado y deshaciendo lazos de repente tan legibles,
Tan razonablemente tensos entre mis pensamientos y mis actos fallidos,
Mi vida y tu muerte,
El amor y el arrepentimiento,
A la manera de esas deducciones tan claras
De las que me reía cuando surgían en el momento justo
Para dar un poco de lógica al final oscuro de una de esas películas policíacas que me gustaban,
Pero de las que nunca hubiera pensado que el guion, de repente,
Se parecería tanto a esta historia,

Nuestra historia, tan gris, tan banal como era, y que, sin embargo,
Creo recordar que escondía la imagen hermosa y misteriosa,
Inexplicable y sin embargo decisiva, de un armario con las puertas abiertas
Y además, de una cama bien hecha en una habitación clara,
Ambos iluminados por un simple par de sábanas blancas

Escrita por: Astor Piazzolla / Pierre Philippe