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Flechazos

Jean Guidoni

Coups De Coeur

Tu m'as dit
Comme on lancerait un défi
Je te ferai aimer la vie
Et tu m'as dit même
Je t'aime
Tu as mis
Dans mon coeur et dans mon lit
Les redoutables folles
De mon cent-millième
Poème
Mon amour
Tu as brouillé mon parcours
Tu as changé mon discours
Renouvelé mes thèmes
Trop blêmes
A mon tour
Je prends le genre troubadour
Je chante le jour
Le gris des faubourgs
Je te dis "toujours"

Avant toi
Il y avait dans mon coeur étroit
Ma vie en chemin de croix
La mort, ce suprême
Dilemme
Sous mon toit
Il est entré avec toi
Le remède contre le froid
Contre l'effroi
L'effroi

Toi, toi que rien n'effraye
Toi, tu sais les merveilles
Tu tutoies le soleil
Avec toi
Rien n'est pareil
Tu ris de mes certitudes
Tu secoues ma quiétude
Ma foutue solitude
Mes très chères
Vieilles habitudes
Les livres que je lisais
Les mots que je disais
Mes idées, mes projets
Avec toi
Sont sans objet
Tu m'as rendu la lumière
Tu fais fleurir les pierres
Et fais mousser ma bière
Avec toi rien n'est comme hier
Hier

Tu as scié
L'arbre de ma liberté
Mais j'ai pu de la beauté
Avoir le baptême
Idem
Tu m'as lié
Moi l'éternel humilié
A ton supplice familier
Ton cruel totem
Blasphème
Tu me perds
Toi dont les ongles pervers
M'opèrent à coeur ouvert
Dans un requiem
Bohème
Mais je préfère
De tes bras subir les fers
Et te laisser faire
Petit Lucifer
Vivre en ton enfer
Que nos corps
Soient notre unique décor
Le champ clos de nos records
D'amoureux problèmes
L'emblème
Sans remords
Si c'est ce feu qui nous mord
Alors qu'elle tombe sur Gomorrhe
La prude mort
La mort

Flechazos

Me dijiste
Como si lanzaras un desafío
Te haré amar la vida
Y me dijiste incluso
Te amo
Has puesto
En mi corazón y en mi cama
A las temibles locas
De mi centésimo milésimo
Poema
Mi amor
Has desviado mi camino
Has cambiado mi discurso
Renovado mis temas
Demasiado pálidos
A mi vez
Tomé el papel de trovador
Canto el día
El gris de los suburbios
Te digo 'siempre'

Antes de ti
Había en mi estrecho corazón
Mi vida en un camino de cruz
La muerte, ese supremo
Dilema
Bajo mi techo
Entró contigo
El remedio contra el frío
Contra el espanto
El espanto

Tú, tú a quien nada asusta
Tú, conoces las maravillas
Tuteas al sol
Contigo
Nada es igual
Te ríes de mis certezas
Sacudes mi tranquilidad
Mi maldita soledad
Mis muy queridas
Viejas costumbres
Los libros que leía
Las palabras que decía
Mis ideas, mis proyectos
Contigo
Son sin sentido
Me devolviste la luz
Haces florecer las piedras
Y haces espumar mi cerveza
Contigo nada es como ayer
Ayer

Has cortado
El árbol de mi libertad
Pero pude tener el bautismo
De la belleza
Igual
Me has atado
Yo, eternamente humillado
A tu familiar suplicio
Tu cruel tótem
Blasfemia
Me pierdes
Tú, cuyas uñas perversas
Me operan a corazón abierto
En un réquiem
Bohemio
Pero prefiero
De tus brazos sufrir las cadenas
Y dejarte hacer
Pequeño Lucifer
Vivir en tu infierno
Que nuestros cuerpos
Sean nuestro único escenario
El campo cerrado de nuestros récords
De problemas de amantes
El emblema
Sin remordimientos
Si es este fuego el que nos muerde
Entonces que caiga sobre Gomorra
La pudorosa muerte
La muerte

Escrita por: Astor Piazzolla / Pierre Philippe