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Kerala

Jean Guidoni

Kerala

Kerala
Les pétales des pavots rouges
Volent et s'enroulent
A mes pieds nus
Ancrés dans une terre
Dont je ne connais
Aucun des mystères

Les vagues de la mer noire
Glissent et s'enragent
A mes doigts nus
Trempant dans cette mer
Dans ses pièges et ses revers

Et les dunes de sable
Que soulève le vent
Quand le chameau s'endort
Aux traces des hommes morts
Dont je ne connais
Ni les raisons ni les torts

C'est à se demander
Où est la réalité
Dans ces panoramas
Qui viennent et qui vont
Suis-je à Panama ou à Cuba
En Irlande au Kérala

L'horizon est en feu
Au bout de mes bras

Et la foule des hommes
Leurs membres fatigués
Qui roule dans les rues
De leurs grandes cités
Dont je ne connais
Ni les ruses ni les secrets

Les bâtiments industriels
En ruines et désertés
A mon regard nu
Immobile
Dans cette banlieue
Dont je ne connais
Ni les rouages ni les dieux

De ce voyage clandestin
Nos corps sont fatigués
Comme moi tu es nu
Enfin nous savons
Nos plaines et nos monts

C'est à se demander
Où est la réalité
Dans ces panoramas
Qui viennent et qui vont
Suis-je à Panama ou à Cuba
En Irlande au Kérala
Suis-je à Panama ou à Cuba
En Irlande au Kérala
L'horizon est en feu
Au bout de mes bras

Je reviens d'où j'étais parti
Qu'importe
Je vais où mes muscles vont
Mes routes sont des putains
Qui dérapent sur leurs escarpins
Quand les flics les déportent

Sur ce quai providentiel
Les yeux secs et vides
Comme ces wagons qui défilent
Qui s'en vont se courbent
Et se brûlent dans cet horizon
Mes yeux cherchent le fond
Mes yeux cherchent jusqu'où
Tourneront les roues
Se fondront les écrous

C'est à se demander
Où est la réalité
Dans ces panoramas
Qui viennent et qui vont
Suis-je à Panama ou à Cuba
En Irlande au Kérala
Suis-je à Panama ou à Cuba
En Irlande au Kérala
L'horizon est en feu
Au bout de mes bras
De mes bras
De mes bras
De mes bras

Kerala

Kerala
Los pétalos de amapolas rojas
Vuelan y se enroscan
A mis pies descalzos
Arraigados en una tierra
De la cual no conozco
Ninguno de sus misterios

Las olas del mar negro
Se deslizan y se enfurecen
En mis dedos desnudos
Sumergiéndose en ese mar
En sus trampas y sus giros

Y las dunas de arena
Que levanta el viento
Cuando el camello se duerme
En las huellas de los hombres muertos
De los cuales no conozco
Ni las razones ni los errores

Es para preguntarse
Dónde está la realidad
En estos panoramas
Que van y vienen
¿Estoy en Panamá o en Cuba?
En Irlanda o en Kerala

El horizonte está en llamas
Al final de mis brazos

Y la multitud de hombres
Sus miembros cansados
Que ruedan por las calles
De sus grandes ciudades
De las cuales no conozco
Ni las artimañas ni los secretos

Los edificios industriales
En ruinas y abandonados
A la vista desnuda
Inmóvil
En este suburbio
Del cual no conozco
Ni los engranajes ni los dioses

De este viaje clandestino
Nuestros cuerpos están cansados
Como yo, estás desnudo
Finalmente sabemos
Nuestras llanuras y montañas

Es para preguntarse
Dónde está la realidad
En estos panoramas
Que van y vienen
¿Estoy en Panamá o en Cuba?
En Irlanda o en Kerala
¿Estoy en Panamá o en Cuba?
En Irlanda o en Kerala
El horizonte está en llamas
Al final de mis brazos

Regreso de donde partí
No importa
Voy hacia donde mis músculos me llevan
Mis caminos son putas
Que resbalan en sus tacones
Cuando los polis las deportan

En este muelle providencial
Los ojos secos y vacíos
Como esos vagones que desfilan
Que se van doblan
Y se queman en ese horizonte
Mis ojos buscan el fondo
Mis ojos buscan hasta dónde
Girarán las ruedas
Se fundirán los tornillos

Es para preguntarse
Dónde está la realidad
En estos panoramas
Que van y vienen
¿Estoy en Panamá o en Cuba?
En Irlanda o en Kerala
¿Estoy en Panamá o en Cuba?
En Irlanda o en Kerala
El horizonte está en llamas
Al final de mis brazos
De mis brazos
De mis brazos
De mis brazos

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