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Los Ángeles

Jean Leloup

Les Anges

Quand les anges se promènent
Dans les airs au cœur de mai
Transpercés de flèches, ils saignent
Goutte à goutte sur le plancher
(Tu n'as aucune considération)
Le toit coule dans la pièce
Où jamais, jamais ne dort
(J'ai attendu une demie heure, au restaurant)
Cet ami qui peut-être
Peut-être est déjà mort
(Je ne savais plus où me mettre)
Il marchera dans la nuit, cet ami
Cet ami du paradis
(Tu ne respectes aucune règle)
Jusqu'à ce que cessent ses tourments
On ne sait où ni comment
(Tu n'as aucune espèce d'idée de ce que je vis)
Et s'il s'empêche toujours de dire
De dire ce qu'il pense
(J'ai des engagements, excuse-moi)
C'est qu'il ne voudrait jamais juger
Jamais juger trop avant
(Je dois faire des choix)
Que la fin ne justifie les moyens
Que la fin ne justifie les moyens
(Tu ne peux pas tout avoir)

Encore une lettre à Tangerine
Pendant que la nuit chemine
Et que ressortent les grands maigres
Et les jeunes filles en farine
Mon dieu que j'ai peur à présent
Se dit soudain le prisonnier, enfermé
Prescrivez-moi d'autres pilules
Avant qu'arrive une autre nuit
Rien pour mon mal n'existe plus
Qu'on puisse trouver en pharmacie
(Il faut que tu te décides tout de suite)
Qu'on puisse trouver en pharmacie
(Aucune considération)

Quand les anges se délaissent
C'est toujours à cause de l'hiver
(J'ai attendu une demie heure, au restaurant)
Le froid endurci les cœurs
Au moment où viennent les courants d'air
(Je ne savais plus où me mettre)
Quand les anges deviennent soudain
Des statues de pierre
(Tu ne respectes aucune règle)
À quoi bon les billes en verre
Quand les anges se remettent au verre
(Tu n'as aucune espèce d'idée de ce que je vis)
Que la peur du lendemain
Ne nous fasse jamais incertain
Pour avoir nos pieds et nos mains
À la face bandit de chemin
Rien ne sert de courir à point
De se faire ennemi des chiens
Compagnons de bonne fortune
Il faudra sonate à la lune
(Tu ne peux pas tout avoir
Il faut que tu te décides tout de suite)

Los Ángeles

Cuando los ángeles pasean
En el aire en el corazón de mayo
Traspasados por flechas, sangran
Gotita a gotita en el suelo
(No tienes ningún respeto)
El techo gotea en la habitación
Donde nunca, nunca duerme
(He esperado media hora en el restaurante)
Ese amigo que tal vez
Tal vez ya esté muerto
(No sabía dónde meterme)
Él caminará en la noche, ese amigo
Ese amigo del paraíso
(No respetas ninguna regla)
Hasta que cesen sus tormentos
No se sabe dónde ni cómo
(No tienes ni idea de lo que vivo)
Y si siempre se contiene de decir
De decir lo que piensa
(Tengo compromisos, discúlpame)
Es porque nunca querría juzgar
Nunca juzgar demasiado pronto
(Tengo que tomar decisiones)
Que el fin no justifica los medios
Que el fin no justifica los medios
(No puedes tenerlo todo)

Otra carta a Tangerina
Mientras la noche avanza
Y salen los altos y delgados
Y las jóvenes en harina
Dios mío, que miedo tengo ahora
Piensa de repente el prisionero, encerrado
Recéteme otras pastillas
Antes de que llegue otra noche
Ya no existe nada para mi dolor
Que se pueda encontrar en la farmacia
(Debes decidirte de inmediato)
Que se pueda encontrar en la farmacia
(Ningún respeto)

Cuando los ángeles se desatienden
Siempre es por culpa del invierno
(He esperado media hora en el restaurante)
El frío endurece los corazones
En el momento en que llegan las corrientes de aire
(No sabía dónde meterme)
Cuando los ángeles de repente se convierten
En estatuas de piedra
(No respetas ninguna regla)
¿Para qué sirven las canicas de vidrio
Cuando los ángeles vuelven al vidrio?
(No tienes ni idea de lo que vivo)
Que el miedo al mañana
Nunca nos haga dudar
Para tener nuestros pies y manos
En la cara del camino bandido
No sirve de nada correr a tiempo
De hacerse enemigo de los perros
Compañeros de buena fortuna
Habrá serenata a la luna
(No puedes tenerlo todo
Debes decidirte de inmediato)

Escrita por: Jean Leloup