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Como me asustan

Jean Leloup

Comme Ils Me Font Peur

Comme ils me font peur
Avec leur bonheur
Leurs sourires en cœur
Comme ils me font peur

Ah comme ils m'ennuient
Quand arrive le dimanche :
Ils traversent la Manche
Et puis vient le lundi :
Ils retroussent leurs manches
Heureux et énergiques
J'en, j'en ai d'horribles tics
Ce sera en tête à tête
Qu'ils compteront les arrêtes

Au resto le jeudi
Les enfants sont brandis
Dans un carrosse de gloire
Du matin jusqu'au soir

Et s'il y avait la guerre
Et qu'il fallait la faire
Sur qui voudrait me faire
Avaler ce bonheur
Avec un entonnoir
Glou glou c'est l'heure du boire
De mon enfant chéri
C'est l'amour de ma vie
Celui qui me sourit

Mais je ne peux rien faire
Pour couper les barreaux
De leur prison de terre
De leur amour en fer
Mais je ne peux rien faire
Pour couper les barreaux
De leur amour en fer
Comme ils me font peur

Et oui si parfois
Quand ils sont en famille
Ils ont l'air un peu plus
Un peu moins trou de suce
Un peu plus généreux
Un peu plus amoureux
N'empêche qu'ils vous tuerait
Si vous osiez changer l'horaire de la journée

Et quand leurs enfants m'aiment
Ils deviennent tout blême
Se dépèchent de partir
De leur ôter le rire
Et puis le lendemain
Ils sont tous contraints
Et je baisse les yeux
En guise d'adieu

Mais je ne peux rien faire
Pour couper les barreaux
De leur prison de terre
De leur amour en fer
Mais je ne peux rien faire
Pour couper les barreaux
De leur amour en fer
Comme ils me font peur

Como me asustan

Como me asustan
Con su felicidad
Sus sonrisas de corazón
Como me asustan

Ah, como me aburren
Cuando llega el domingo:
Cruzan el Canal de la Mancha
Y luego llega el lunes:
Se remangan
Felices y enérgicos
Tengo, tengo horribles tics
Será cara a cara
Que contarán las espinas

En el restaurante el jueves
Los niños son exhibidos
En un carruaje de gloria
De la mañana a la noche

Y si hubiera guerra
Y tuviera que pelear
¿En quién querrían hacerme
Tragar esa felicidad
Con un embudo?
Gluglu, es hora de beber
De mi querido hijo
Es el amor de mi vida
Aquel que me sonríe

Pero no puedo hacer nada
Para cortar los barrotes
De su prisión de tierra
De su amor de hierro
Pero no puedo hacer nada
Para cortar los barrotes
De su amor de hierro
Como me asustan

Y sí, a veces
Cuando están en familia
Parecen un poco más
Un poco menos molestos
Un poco más generosos
Un poco más amorosos
Aun así, te matarían
Si te atrevieras a cambiar el horario del día

Y cuando sus hijos me quieren
Se ponen pálidos
Se apresuran a irse
A quitarles la risa
Y luego al día siguiente
Todos están constreñidos
Y bajo la mirada
Como despedida

Pero no puedo hacer nada
Para cortar los barrotes
De su prisión de tierra
De su amor de hierro
Pero no puedo hacer nada
Para cortar los barrotes
De su amor de hierro
Como me asustan

Escrita por: Jean Leloup