(La chanson d') Abhu Newes
Il s'est montré vêtu de lin
A la blancheur de lait
Ses yeux frais comme le matin
Sous ses paupières languissaient,
Et les roses tendres de ses joues
Bénissaient qui les a créées,
Je le regardai d'un regard fou
Et lui parlai d'une voix brisée
"Pourquoi passes-tu sans me voir
Alors que je consens à me livrer
Entre tes mains aux doigts d'ivoire,
A te faire don de ma liberté ?"
Il me répondit "Regarde en silence
L'objet de tes instances !
Blanc est mon corps, blanc est le lin
Blanc mon visage et blanc mon destin
C'est Blanc sur Blanc
Et Blanc sur Blanc !"
Il s'est montré dans un habit
Rouge comme ses procédés cruels.
Enflammées par le vin et l'envie
Mes paroles devinrent un appel :
"Pourquoi, lui dis-je, malgré ton teint
Blanc comme l'astre de la nuit
Rougissent tes joues de satin
Colorées par le sang de ma vie ?"
"L'Aube me prêta son vêtement,
Dit-il, mais le Soleil lui-même
A prêté ses dards ardents
Pour habiller celui qu'il aime !
Regarde, regarde sans rien dire
L'objet de ton désir
Rouges sont mes joues, rouge mon habit
Rouges mes lèvres et le vin qui les unit
C'est Rouge sur Rouge
Et Rouge sur Rouge !"
Il s'est montré vêtu de noir
Noir comme la sombre nuit
Ne daigna me donner un regard
Peu soucieux de mes soucis
Et je lui dis "Ne vois-tu pas d'ici
Exulter mes envieux et rire mes ennemis
Qui voient ton abandon et voient mon désespoir ?
Ah ! Je le sais bien que tout n'est plus que noir !
Noirs sont tes yeux, noire ta chevelure
Noir ton habit et noire ma déchirure !
C'est Noir sur Noir
Et Noir sur Noir."
La canción de Abhu Newes
Se mostró vestido de lino
Con la blancura de la leche
Sus ojos frescos como la mañana
Bajo sus párpados languidecían,
Y las rosas tiernas de sus mejillas
Bendecían a quien las creó,
Lo miré con una mirada loca
Y le hablé con una voz quebrada
'¿Por qué pasas sin verme
Mientras consiento entregarme
Entre tus manos de marfil,
A regalarte mi libertad?'
Él me respondió 'Mira en silencio
El objeto de tus ruegos
Blanco es mi cuerpo, blanco es el lino
Blanco mi rostro y blanco mi destino
Es Blanco sobre Blanco
Y Blanco sobre Blanco!'
Se mostró con un traje
Rojo como sus procedimientos crueles.
Encendidas por el vino y la envidia
Mis palabras se convirtieron en un llamado:
'¿Por qué, le dije, a pesar de tu tez
Blanca como el astro de la noche
Se sonrojan tus mejillas de satén
Coloreadas por la sangre de mi vida?'
'El Alba me prestó su vestimenta,
Dijo, pero el Sol mismo
Prestó sus ardientes flechas
Para vestir a aquel a quien ama!
Mira, mira sin decir nada
El objeto de tu deseo
Rojas son mis mejillas, rojo mi traje
Rojos mis labios y el vino que los une
Es Rojo sobre Rojo
Y Rojo sobre Rojo!'
Se mostró vestido de negro
Negro como la oscura noche
No se dignó a mirarme
Poco preocupado por mis problemas
Y le dije '¿No ves desde aquí
Cómo se regocijan mis envidiosos y se ríen mis enemigos
Que ven tu abandono y ven mi desesperación?
¡Ah! ¡Sé bien que todo es solo negro!
Negros son tus ojos, negra tu cabellera
Negro tu traje y negra mi desgarradura!
Es Negro sobre Negro
Y Negro sobre Negro.'