395px

Reprimendas

Juliette Noureddine

Remontrances

Mon petit Roger, il faut que j' vous cause
Cette nuit, la baronne s'est plainte auprès d' moi
Paraît que vos chaussettes ne sentent pas la rose
Que vous portez le même slip depuis plusieurs mois
Et récupérâtes sur l'un de vos potes
Un préservatif pendant qu' vous soupiez
À l'avenir Roger, plus de vieilles capotes
Changez donc de slip et lavez vos pieds

Quant à vous, Gaston, je vous vois bien triste
Un de ces messieurs aurait-il boudé
Sous votre soutane de séminariste
Vos appâts charmants et bodybuildés ?
C'est qu' vous oubliâtes sous votre défroque
De porter guêpière et bas à trou-trou
Mon très cher Gaston, soyez d' votre époque
Un curé sans linge, ça n' vaut pas un clou

Les gig's qu'ont du style et de la pointure
Monsieur Anatole, ne s'avisent pas
Sous prétexte qu'il y a séance de torture
D'en profiter pour doubler un repas
Et tout en fouettant l' généralissime
Ne s' font pas monter bière et croque-monsieur
Anatole vous baissez dans mon estime
Ou l'on est morfal, ou l'on est vicieux

Je soupçonnais bien quelque préférence
De vot' part, jeune homme, mais vous abusez
Ce n'est pas parce que la préfète est rance
Qu'il fallait en rire et ne point la baiser
Nous avions convenu que sous l' nom de Simone
Vous sacrifieriez à Lesbos, sinon
Faudra m' rembourser le traitement aux hormones
Et quitter la place, mon pauvre Simon

Même vous, Narcisio, n'êtes pas sans reproche
J'ai perdu tantôt une plombe à chercher,
Avant d' la trouver au fond de vot' poche,
La clef de l'armoire aux godemichés
Lâchez donc la clef et vos mines candides
Vous êtes débutant, j' comprends vos raisons
Mais il est fâcheux qu' cette armoire soit vide
Quand vous vous exercez seul à la maison

Enfin vous, Patrick, vos collègues me disent
Qu' dans l'orgie romaine vous fûtes gnangnan
Que vous refusâtes diverses gourmandises
Vous comportant en premier communiant
Quoi, me dites-vous, c'est qu' vous reconnûtes
Votre propre père parmi les voyeurs ?
Patrick, vous n' ferez jamais une vraie pute
Comme le craint vot' pauv' papa, d'ailleurs

Bref, résumons-nous, je fus trop gentille
Mais ça va changer, j' vous l' dis, mes garçons
Puisque vous cherchez, comme les pires des filles,
A fout' le bordel dans notre boxon
Plus de dilettantisme, d'humeurs ni de fraude
Je veux du rendement, pas d' la bamboula
Messieurs ! tous à poil ! La nuit sera chaude !
J'ouvre le salon
Les clients sont là...

Reprimendas

Mi pequeño Roger, tengo que hablarles
Esta noche, la baronesa se quejó conmigo
Parece que tus calcetines no huelen a rosas
Que llevas el mismo calzoncillo desde hace varios meses
Y recuperaste de uno de tus amigos
Un condón mientras cenabas
En el futuro Roger, no más condones viejos
¡Cambia de calzoncillo y lávate los pies!

En cuanto a ti, Gastón, te veo muy triste
¿Acaso uno de estos caballeros te ha rechazado?
Bajo tu sotana de seminarista
¿Tus encantos y musculatura han sido ignorados?
Es que olvidaste bajo tu vestimenta
Usar corset y medias con agujeritos
Mi querido Gastón, sé de tu época
Un cura sin ropa, no vale un comino

Las chicas con estilo y de buen calzado
Monsieur Anatole, no se atreven
Bajo el pretexto de una sesión de tortura
A doblar una comida
Y mientras azotan al generalísimo
No les sirven cerveza y sándwich
Anatole, caes en mi desprecio
O se es glotón, o se es vicioso

Sospechaba alguna preferencia
De tu parte, joven, pero te excedes
No es porque la prefecta sea rancia
Que debías reírte y no besarla
Habíamos acordado que bajo el nombre de Simone
Te sacrificarías en Lesbos, si no
Tendrás que reembolsarme el tratamiento hormonal
Y dejar el lugar, pobre Simón

Incluso tú, Narcisio, no estás exento de reproche
Perdí tiempo buscando
Antes de encontrarla en el fondo de tu bolsillo
La llave del armario de los consoladores
Suelta la llave y tus inocentes gestos
Eres novato, entiendo tus razones
Pero es lamentable que ese armario esté vacío
Cuando practicas solo en casa

Y tú, Patrick, tus colegas me dicen
Que en la orgía romana fuiste tonto
Que rechazaste varias golosinas
Actuando como un comulgante
¿Qué, me dices, reconociste
A tu propio padre entre los voyeurs?
Patrick, nunca serás una verdadera puta
Como teme tu pobre papá, por cierto

En resumen, fui demasiado amable
Pero eso va a cambiar, se los digo, muchachos
Ya que buscan, como las peores chicas
Armar un lío en nuestro burdel
Nada de dilettantismo, de humores ni de fraude
Quiero rendimiento, no fiesta
¡Caballeros! ¡Todos desnudos! ¡La noche será caliente!
Abro el salón
Los clientes están aquí...

Escrita por: Juliette Noureddine / Pierre Philippe