Cap'taine iglauque
J'ai rencontré dans un bar de Saint-Malo,
Un drôle d'oiseau qu'on appelait "Bedot"
Il avait un peu la gueule du fils à Corto
Avec son caban et ses yeux en couteaux.
Il m'a dit "petit regard comme je suis costaud
Mate un peu le tatouage sur le biscotto
C'est pas en bullant tous les jours dans un bureau
Que tu deviendras fort comme un vrai matelot".
Il m'a raconté l'eau salée et les marées
Le vent du Nord et les poissons dorés
Il m'a raconté la fatigue de fin de journée
Les potes et le rhum pour se remonter.
Je suis ressorti marchant tout droit vers la mer
Je serai marin et tant pis pour mon père
J'l'ai déjà dit mais c'était sur un autre air
Une p'tite chanson assez populaire.
Arrivé au port un patron m'a embarqué
Dans un chalutier à moitié mazouté
Ça sentait l'essence, ça crachait la fumée
Et la mer autour de nous c'est fou c'qu'elle chlinguait
Je lui ai dit m'sieur : "Est-ce qu'on fait du poisson bio ?"
Il m'a dit : "matelot, nous on fait du poisson chaud,
Pour les hôtels, les restos et les McDo,
Qui nous vident l'Océan à grands coups de cageots".
On a attrapé des poissons déjà panés
Les gars au filet étaient aussi trépanés
J'leur ai fait comprendre que j'venais juste dépanner
Mais si j'avais su, eh ben, j's'rais pas né.
Tout ça pour vous dire, qu'il faut pas s'laisser berner
Par tous ces jeunes premiers au cul serré
La vie mon gars, c'est pas comme à la télé
Si tu mets l'doigt dedans, le lèche pas après.
Capitán desagradable
En un bar de Saint-Malo me encontré
Con un tipo raro llamado 'Bedot'
Tenía un aire al hijo de Corto
Con su abrigo y sus ojos afilados.
Me dijo 'mira chico, soy fuerte'
Observa el tatuaje en el brazo
No te harás fuerte como un verdadero marinero
Pasando el tiempo en una oficina.
Me contó sobre el agua salada y las mareas
El viento del Norte y los peces dorados
Me habló del cansancio al final del día
Los amigos y el ron para levantarse.
Salí caminando directo hacia el mar
Seré marinero y que le den a mi padre
Ya lo dije, pero fue en otra ocasión
Una canción bastante popular.
En el puerto un patrón me embarcó
En un barco pesquero medio aceitoso
Olía a gasolina, escupía humo
Y el mar a nuestro alrededor olía mal.
Le pregunté 'Señor, ¿pescamos pescado orgánico?'
Él me dijo 'marinero, nosotros pescamos pescado caliente
Para hoteles, restaurantes y McDonald's
Que vacían el océano con cajas y cajas'.
Atrapamos peces ya empanizados
Los chicos en la red estaban tan trastornados
Les dije que solo estaba ayudando
Pero si hubiera sabido, no habría nacido.
Todo esto para decirles, no se dejen engañar
Por todos esos jóvenes apretados
La vida, amigo mío, no es como en la televisión
Si metes el dedo, no lo chupes después.