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El torero

Lahaye Jean-Luc

Le torero

Sur le sable ensanglanté
Il est planté de plain-pied
Les jambes prises dans des bas
D'un rose de chaire d'église
Et, comme s'il marchait sur l'eau,
Il accompagne le taureau
Son costume de lumière
A la force d'une prière
Dont il connaît le mystère
Le torero !

La cape et la muleta
Dessinent à chaque passe
L'amour, la mort, en duo
Et miracle au soleil
Pour un arc-en-ciel vermeil
Où le rouge est un sanglot
Et un frisson sur la peau
D'un coup précis, sans bravade
Il va donner l'estocade
Le torero !

Il regarde le taureau
Et l'attache du bout des yeux
Puis dans un geste infini
Il retire peu à peu
Comme on retire la vie
Son épée, hors l'ennemi
Qu'il avait enfin séduit
Le torero !

C'est comme un rêve d'étoile
Le début d'un grand signal
Le taureau tombe d'un bloc
Lui qui avait l'air d'un roc
Le silence est déchiré
Par la foule électrisée
Qui a jailli d'un seul coup
Tête ployée, à genoux
Il a mis les gens debout
Le torero !

Il regarde le taureau
Et l'attache du bout des yeux
Revoit son geste infini
Qui retire peu à peu
Comme on retire la vie
Son épée, hors l'ennemi
Qu'il avait enfin séduit
Le torero !

Sur le sable ensanglanté
Il est planté de plain-pied
Les jambes prises dans des bas
D'un rose de chaire d'église
Il n'écoute pas les bravos
Quand la ferveur se déchaîne
Dans le chaudron des arènes
Dressé vers le ciel trop bleu
Il a l'air d'acclamer Dieu
Le torero

El torero

En la arena ensangrentada
Él está plantado firmemente
Sus piernas atrapadas en medias
De un rosa de carne de iglesia
Y, como si caminara sobre el agua,
Acompaña al toro
Su traje de luces
Tiene la fuerza de una oración
De la cual conoce el misterio
El torero!

La capa y la muleta
Dibujan en cada pase
El amor, la muerte, en dúo
Y milagro al sol
Para un arcoíris carmesí
Donde el rojo es un sollozo
Y un escalofrío en la piel
Con un golpe preciso, sin alarde
Va a dar la estocada
El torero!

Él mira al toro
Y lo enfrenta con la mirada
Luego, en un gesto infinito
Retira poco a poco
Como se retira la vida
Su espada, fuera del enemigo
Que finalmente había seducido
El torero!

Es como un sueño de estrella
El comienzo de una gran señal
El toro cae de golpe
Él que parecía un roble
El silencio se rompe
Por la multitud electrizada
Que surge de repente
Cabeza inclinada, de rodillas
Ha puesto a la gente de pie
El torero!

Él mira al toro
Y lo enfrenta con la mirada
Revive su gesto infinito
Que retira poco a poco
Como se retira la vida
Su espada, fuera del enemigo
Que finalmente había seducido
El torero!

En la arena ensangrentada
Él está plantado firmemente
Sus piernas atrapadas en medias
De un rosa de carne de iglesia
No escucha los bravos
Cuando la fervor se desata
En el caldero de las plazas
Erguido hacia el cielo demasiado azul
Parece estar aclamando a Dios
El torero

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