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Como eran hermosas

Serge Lama

Comme elles étaient belles

C'était en mil neuf cent, je crois,
C'était en mil neuf cent déjà,
Le temps des livres et du papier,
Sous le regard désabusé
Du professeur mal habillé,
Faut pas y penser.
C'est en mil neuf cent, et bien oui,
C'est en mil neuf cent aujourd'hui,
Quand on sort
On a mal au coeur,
On connaît les livres par coeur,
On et devenu professeur,
Faut pas y penser.
Comme elles étaient belles,
Le coeur tendre
À nos coeurs mal famés,
Elles étaient si belles
Que le vent n'osait pas leur parler,
On allait vers elles,
On leur disait bonjour
En passant.
Elles étaient cruelles,
Elles avaient quinze ans.
Voici venir la fin d'été,
Les feuilles mortes sont tombées,
Septembre est un mois familier.
Il pleut des larmes de rentrée,
Dans le livre des écoliers,
Faut pas y penser:
Sept heures et demi
Huit heures moins vingt,
L'odeur du café le matin,
Des tâches d'encre sur les bancs,
Le regard triste des enfants
Qui rêvent déjà d'être grands,
Faut pas y penser.
Comme elles étaient belles,
Le coeur tendre
À nos coeurs mal famés,
Elles étaient si belles
Que nos coeurs n'osaient pas leur parler,
On allait vers elles,
On leur disait des vers en pleurant,
Elles étaient cruelles,
Elles avaient quinze ans,
Quinze ans, y'a déjà longtemps.

Como eran hermosas

Era en mil novecientos, creo,
Era en mil novecientos ya,
La época de los libros y el papel,
Bajo la mirada desencantada
Del profesor mal vestido,
No hay que pensarlo.
Es en mil novecientos, y sí,
Es en mil novecientos hoy,
Cuando salimos
Tenemos dolor en el corazón,
Conocemos los libros de memoria,
Nos hemos convertido en profesores,
No hay que pensarlo.
Como eran hermosas,
El corazón tierno
Para nuestros corazones mal reputados,
Eran tan hermosas
Que el viento no se atrevía a hablarles,
Íbamos hacia ellas,
Les decíamos hola
Al pasar.
Eran crueles,
Tenían quince años.
Aquí llega el fin del verano,
Las hojas muertas han caído,
Septiembre es un mes familiar.
Llueven lágrimas de regreso a clases,
En el libro de los escolares,
No hay que pensarlo:
Siete y media
Veinte para las ocho,
El olor a café por la mañana,
Manchas de tinta en los pupitres,
La mirada triste de los niños
Que ya sueñan con ser grandes,
No hay que pensarlo.
Como eran hermosas,
El corazón tierno
Para nuestros corazones mal reputados,
Eran tan hermosas
Que nuestros corazones no se atrevían a hablarles,
Íbamos hacia ellas,
Les recitábamos versos llorando,
Eran crueles,
Tenían quince años,
Quince años, hace mucho tiempo ya.