395px

Cafard

Bernard Lavilliers

Cafard

Un bar qui donne au fond de la ruelle, un bar.
En plein paris près de la seine, Un bar.
Avec un long comptoir de chêne, et puis un vrai zinc a l'ancienne,
avec un barman flegmatique, fêtard.

Que des mélanges déconseillés, chaudards.
Des trucs à se ruiner la santé, trop tard.
Avec une scène des musiciens, entre deux tournés gagne pain, qui joue ce qu'ils veulent et qui jouent bien, peinards.

Avec au mur dans le décor, miroir, photos jaunies d'artistes morts, l'histoire.
Avec des toiles haïtiennes, et quelques fauves qui reviennent et puis la belle américaine, la star.

Pas une boite de nuit fermée, standard.
Avec des l'ascars a l'entrée, blafards.
Avec un très vieux piano droit, qui a vécu et qui vient tout droit, d'un bar de bleues de détroit, tu vois.

Des guitares de Baden-powell- bossa.
La main gauche de Maurice Ravel, est la.
Une ancienne brasserie transformée, et que des sourds dans le quartier, qui ne viennent pas nous engueuler - le soir.

Dans ce paname stérilisé, ringard.
Pleins de bourgeois traumatisés, hagards.
Plus de musique dans les quartiers, a 22H00 c'est terminé, laissons tourner- laissons tourner
Les gyrophares.

Je suis la comme un exilé - batard.
Plus de son plus de fumée - bizarre.
Comme des hostos climatisés avec des meubles recyclés.
Je tourne en rond, je suis paumé, ouais, ce soir.

Que des DJ sponsorisés, c'est marre.
La capitale de la fête, bonsoir.
Ou sont les vamps, les mystérieuses, les allumées, les travailleuse, les brésiliennes, et les rockeuses, cafard.

J'ai connu de grands spécialistes, un soir.
Des philosophes alternatifs de comptoir, pour quelques effluves alcooliques, ils faisaient des fleurs rhétoriques, et qui connaissaient la musique - bonsoir.

Cafard

Un bar que da al final de la calle, un bar.
En pleno París cerca del Sena, un bar.
Con una larga barra de roble, y luego un verdadero zinc antiguo,
con un barman imperturbable, fiestero.

Solo mezclas desaconsejadas, borrachos.
Cosas que arruinan la salud, demasiado tarde.
Con un escenario de músicos, entre dos tragos de pan ganado, que tocan lo que quieren y tocan bien, tranquilos.

Con en la pared en la decoración, espejo, fotos amarillentas de artistas muertos, la historia.
Con lienzos haitianos, y algunos fauves que regresan y luego la hermosa americana, la estrella.

No es una discoteca cerrada, estándar.
Con unos tipos raros en la entrada, pálidos.
Con un piano vertical muy viejo, que ha vivido y viene directamente de un bar de blues de Detroit, ¿ves?

Guitarras de Baden-Powell - bossa.
La mano izquierda de Maurice Ravel, está ahí.
Una antigua cervecería transformada, y solo sordos en el barrio, que no vienen a regañarnos - por la noche.

En este París esterilizado, pasado de moda.
Lleno de burgueses traumatizados, aturdidos.
Sin música en los barrios, a las 22:00 se acabó, dejemos que siga girando, dejemos que siga girando
Las luces intermitentes.

Estoy aquí como un exiliado - bastardo.
Sin sonido, sin humo - extraño.
Como hospitales climatizados con muebles reciclados.
Doy vueltas, estoy perdido, sí, esta noche.

Solo DJs patrocinados, ya es suficiente.
La capital de la fiesta, buenas noches.
¿Dónde están las vampiras, las misteriosas, las excéntricas, las trabajadoras, las brasileñas y las rockeras, cafard?

Conocí a grandes especialistas, una noche.
Filósofos alternativos de bar, por unos cuantos vapores alcohólicos, hacían flores retóricas, y conocían la música - buenas noches.

Escrita por: Rubén Blades