Juke-Box
J'écrivais des chansons sur le coin d'un juke-box
Tirant sur un gazon qu'avait rien d'orthodoxe
Je balançais mes mots de cuir et de charbon
Vivant à fleur de peau dans mes contradictions
Tous les bourgeois frileux ont transformé nos mots
En ont fait des jingles rétros pour les radios
Ont rachetés nos cuirs, nos motos, nos surins
Et nos copeaux bleutés vont finir chez Cardin
J'aurais voulu t'écrire une chanson d'amour
Pleine de bons sentiments, de départs, de retours
Enrobée de violons et de chœurs et d'échos
'Fin bref une chanson qui passe à la radio
Quand ton meilleur copain finit par te braquer
Tout ce que t'avais gardé pour le froid et l'angoisse
S'en va sur le chemin du brown et du sucré
Et tu restes tout seul les deux pieds dans la crasse
Moi je dis qu'y a qu'les putes qui peuvent savoir aimer
Les yeux de l'intérieur sont faits d'eau et de foudre
Tu sais vraiment quelque chose quand t'as tout déréglé
Les discours, les dollars, la musique et la poudre
J'aurais voulu t'écrire une chanson d'amour
Pleine de bons sentiments, de départs, de retours
Enrobée de violons et d'échos et de chœurs
'Fin bref une chanson branchée sur le secteur
Je ne suis pas un chef, je n'sais pas marcher droit
C'est pourquoi camarade tu peux tirer ta ligne
Je chanterai toujours pour mes copains d'en bas
Ceux que je reconnais sans un mot, sans un signe
C'est sûr on m'descendra un beau jour pour la frime
Pour une façon de voir, pour une question bénigne
Je s'rais rééduqué par des curés new-look
Armés de pataugas, de parkas et de boucs
J'aurais voulu t'écrire une chanson d'amour
Pleine de bons sentiments, de départs, de retours
Enrobée de violons et de chœurs et d'échos
'Fin bref une chanson qui passe à la radio
Si j'ai fait le tour de la Terre
Tu peux pas dire que j'en suis fier
Je suis pourri jusqu'à la moelle
Qui veut me vendre un idéal
Et je zone dans les bars de nuit
Tu te retournes dans ton lit
Bien au chaud dans ton alvéole
Tu branches ma cire et tu décolles
Tu sais le Soleil est moins chaud
Y a du grisou dans le tempo
Tu m'aimes vraiment mais tu as peur
Tu tires toujours en amateur
Juke-Box
Escribía canciones al lado de un juke-box
Tirando de un césped que no tenía nada de ortodoxo
Balanceaba mis palabras de cuero y carbón
Viviendo a flor de piel en mis contradicciones
Todos los burgueses temerosos han transformado nuestras palabras
Las han convertido en jingles retro para las radios
Han comprado nuestros cueros, nuestras motos, nuestros cuchillos
Y nuestros virutas azuladas terminarán en Cardin
Hubiera querido escribirte una canción de amor
Llena de buenos sentimientos, de partidas, de regresos
Envueltas en violines y coros y ecos
En fin, una canción que suene en la radio
Cuando tu mejor amigo termina por traicionarte
Todo lo que habías guardado para el frío y la angustia
Se va por el camino del marrón y lo dulce
Y te quedas solo con los dos pies en la mugre
Yo digo que solo las putas saben amar
Los ojos del interior están hechos de agua y de trueno
Sabes realmente algo cuando has desajustado todo
Los discursos, los dólares, la música y la coca
Hubiera querido escribirte una canción de amor
Llena de buenos sentimientos, de partidas, de regresos
Envueltas en violines y ecos y coros
En fin, una canción conectada a la corriente
No soy un jefe, no sé caminar derecho
Por eso, camarada, puedes tirar tu línea
Siempre cantaré para mis amigos de abajo
Aquellos que reconozco sin una palabra, sin un signo
Es seguro que algún día me bajarán por la apariencia
Por una forma de ver, por una pregunta insignificante
Seré reeducado por curas de nueva moda
Armados con botas, parkas y barbas
Hubiera querido escribirte una canción de amor
Llena de buenos sentimientos, de partidas, de regresos
Envueltas en violines y coros y ecos
En fin, una canción que suene en la radio
Si he dado la vuelta al mundo
No puedes decir que estoy orgulloso
Estoy podrido hasta los huesos
¿Quién quiere venderme un ideal?
Y ando por los bares de noche
Te das la vuelta en tu cama
Bien abrigada en tu alvéolo
Conectas mi cera y despegas
Sabes, el sol está menos caliente
Hay gris en el tempo
Realmente me amas, pero tienes miedo
Siempre disparas como amateur
Escrita por: Bernard Lavilliers