Blues blanc pour un crayon noir
Mon crayon se mine
Depuis que j'écris des chansons
Comme une machine
Qui aurait perdu la raison
Depuis que j'aligne
Quoi qu'il arrive dans ma vie
Des points à la ligne
Dès qu'un couplet se voit fini
Mon stylo toujours se déplume
Et marche une demi-fois sur vingt
Aux oies, je veux laisser leurs plumes
Et la machine aux écrivains
Que j'aille à la mine
De bonne heure, il n'est pas content
Et sa grise mine
Me tire la gueule, et pourtant
Si je fais le cancre
Dans mon lit, je sens qu'il se fait
Un mauvais sang d'encre
Qui tâche mon rêve éveillé
Mon stylo toujours se déplume
Et marche une demi-fois sur vingt
Aux oies, je veux laisser leurs plumes
Et la machine aux écrivains
Toute la semaine
Il avait perdu ses couleurs
Pour une rengaine
Qui accouchait dans la douleur
Je sens que j'abuse
Et je devrais, pour éviter
Que mon crayon s'use
De temps en temps, le faire aider
Je sens la menace
Que mon crayon va se tailler
Sans laisser de traces
Que mon crayon va se casser
Va-t'en ton bonhomme
De chemin, où que tu te tires
Crayon à la gomme
Tu vas pas m'empêcher d'écrire
Mon stylo toujours se déplume
Et marche une demi-fois sur vingt
Aux oies, je veux laisser leurs plumes
Et la machine aux écrivains
Blues blanco para un lápiz negro
Mi lápiz se desgasta
Desde que escribo canciones
Como una máquina
Que ha perdido la razón
Desde que alineo
Lo que sea que pase en mi vida
Puntos en la línea
Tan pronto como un verso se ve terminado
Mi pluma siempre se queda sin tinta
Y avanza una media vez de veinte
A las gansos, quiero dejarles sus plumas
Y la máquina a los escritores
Que vaya a la mina
De buena mañana, no está contento
Y su gris expresión
Me hace cara larga, y aun así
Si me hago el tonto
En mi cama, siento que se hace
Una mala sangre de tinta
Que mancha mi sueño despierto
Mi pluma siempre se queda sin tinta
Y avanza una media vez de veinte
A las gansos, quiero dejarles sus plumas
Y la máquina a los escritores
Toda la semana
Había perdido sus colores
Por una canción
Que nació en el dolor
Siento que abuso
Y debería, para evitar
Que mi lápiz se desgaste
De vez en cuando, dejarlo ayudar
Siento la amenaza
De que mi lápiz va a afilarse
Sin dejar huellas
De que mi lápiz va a romperse
Vete, buen hombre
De camino, donde sea que te vayas
Lápiz de goma
No vas a impedir que escriba
Mi pluma siempre se queda sin tinta
Y avanza una media vez de veinte
A las gansos, quiero dejarles sus plumas
Y la máquina a los escritores