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El silencio

Maxime Le Forestier

Le silence

J' voudrais l' silence autour de nous
Pas d'enfants dans la cour
J' voudrais qu'on dise aux gens
Y a des moments tout bleus
Chez les voisins d'en face

Quand on s'ra posés face à face
Assis depuis deux jours
A s' regarder les yeux
J' voudrais qu'un ange passe
Sur le pays entier

J' voudrais l' silence profond
J' voudrais l' silence total
Comme une envie qui dort
Silence de cathédrale
Quand les gens sont dehors

Faudra dire à tous ceux qui pensent
D'arrêter les essais
D'arrêter les cadences
Et puis qu' les chiens d' faïence
Arrêtent de s' regarder

J' voudrais qu'on soit tout nus, tout seuls
Figés comme ceux et celles
Qu'ont pris des manteaux d' sel
Pour se faire un linceul
Mais nous on s'rait vibrants

Frapper d'absence autour de nous
Ceux qui voulaient venir
Déguisés en passants
Déguisés en pensées
Déguisés en souv'nirs

J' voudrais l' silence au fond des foules
Le repos des volcans
Le son du temps qui coule
L'odeur de fin des temps
Suspendus un instant

Et les yeux dans les yeux
Enfin se mettre à rire

El silencio

Quisiera el silencio a nuestro alrededor
Sin niños en el patio
Quisiera que le dijeran a la gente
Que hay momentos todo azules
En casa de los vecinos de enfrente

Cuando estemos sentados cara a cara
Sentados desde hace dos días
Mirándonos a los ojos
Quisiera que un ángel pase
Sobre todo el país

Quisiera el silencio profundo
Quisiera el silencio total
Como un deseo que duerme
Silencio de catedral
Cuando la gente está afuera

Habrá que decirles a todos los que piensan
Que paren los ensayos
Que paren los ritmos
Y que los perros de cerámica
Dejen de mirarse

Quisiera que estemos desnudos, solos
Fijos como aquellos y aquellas
Que se pusieron mantos de sal
Para hacerse un sudario
Pero nosotros estaríamos vibrantes

Golpear de ausencia a nuestro alrededor
A aquellos que querían venir
Disfrazados de transeúntes
Disfrazados de pensamientos
Disfrazados de recuerdos

Quisiera el silencio en medio de las multitudes
El descanso de los volcanes
El sonido del tiempo que fluye
El olor del fin de los tiempos
Suspendidos un instante

Y los ojos en los ojos
Finalmente ponernos a reír