395px

Las ratas

Maxime Le Forestier

Les rats

Les boules de gomme vont sauter vers sept heures
Un soir de mai, selon l'ordinateur
Température égale
Survie normale

Paris sous terre, aux infos tout fonctionne
A part un mur qui s'effondre à Charonne
Dans ce style de bataille
C'est un détail

N'oublie jamais notre île déserte
Tant qu'on vivra dans des trous noirs
Des égouts des couloirs
On en a pour longtemps
O temps
Suspends ton vol
Au temps du music-hall

C'est plus la peine qu'on tire à pile ou face
Lequel des deux reverra la surface
Bois l'eau qui suinte aux murs
C'est pas l' plus dur

Fais des enfants qui verront sans lumière
Dont les enfants finiront par s'y faire
Les griffes au bout des mains
C'est pour demain

Meurs en racontant l'île déserte
La vie d'avant les profondeurs
Les avions, les couleurs
Les chaleurs au printemps
Les vents
Dans tous les sens
Et les odeurs d'essence

Ils bâtiront des buildings à l'envers
En oublieront l'infini, l'univers
Et chercheront leurs signes
Dans les racines
Les boules de gomme deviendront légendaires
La vie des hommes un conte imaginaire
Plus rien
De toi et moi
Ne restera

Que le désir de l'île déserte
Inscrit dans un cerveau bizarre
Dégoûté des couloirs
Même à travers le temps
J'entends
Ses p'tites oreilles
Pointer dans ton sommeil

Et ton corps nu, lointaine humanoïde
Écartelé dans mon Polaroïd
Ton fils devenu rat
Le rongera

Las ratas

Las bolas de chicle explotarán alrededor de las siete en punto
Una tarde de mayo, según la computadora
Temperatura igual
Supervivencia normal

Metro de París, todo funciona según las noticias
Aparte de un muro que se derrumbó en Charonne
En este estilo de batalla
Es un detalle

Nunca olvidemos nuestra isla desierta
Mientras vivamos en agujeros negros
Desde las alcantarillas de los pasillos
Estaremos aquí por mucho tiempo
Oh tiempo
Suspender su vuelo
En la época del music hall

Ya no tiene sentido lanzar una moneda al aire
¿Cuál de los dos resurgirá?
Bebe el agua que se filtra por las paredes
No es la parte más difícil

Haz niños que vean sin luz
A lo que los niños eventualmente se acostumbrarán
Garras en el extremo de las manos
Es para mañana

Muere contando la isla desierta
La vida antes de las profundidades
Los aviones, los colores
El calor en primavera
Los vientos
En todos los sentidos
Y el olor a gasolina

Construirán edificios al revés
Olvidarán el infinito, el universo
Y buscarán sus señales
En las raíces
Los chicles se volverán legendarios
La vida de los hombres, un cuento imaginario
Nada más
De ti y de mí
No se quedará

Que el deseo de la isla desierta
Inscrito en un cerebro extraño
Disgustado con los pasillos
Incluso a través del tiempo
Yo oigo
Sus orejitas
Punto en tu sueño

Y tu cuerpo desnudo, humanoide lejano
Desgarrado en mi Polaroid
Tu hijo se volvió rata
Lo roerá

Escrita por: