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Canción para el auvergnat

Maxime Le Forestier

Chanson pour l'auvergnat

Elle est à toi cette chanson
Toi l'auvergnat qui sans façons
M'as donne quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid

Toi qui m'as donne du feu quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
M'avaient fermé la porte au nez

Ce n'était rien qu'un feu de bois
Mais il m'avait chauffe le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manière d'un feu de joie

Toi l'auvergnat quand tu mourras
Quand le croque-mort t'emporteras
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l'hôtesse qui sans façons
M'as donne quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim

Toi qui m'ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S'amusaient au me voir jeuner

Ce n'était rien qu'un peu de pain
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manière d'un grand festin

Toi l'hôtesse quand tu mourras
Quand le croque-mort t'emporteras
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger qui sans façons
D'un air malheureux m'as souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris

Toi qui n'as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener

Ce n'était rien qu'un peu de miel
Mais il m'avait chauffé le coeur
Et dans mon âme il brûle encore
A la manière d'un grand soleil

Toi l'étranger quand tu mourras
Quand le croque-mort t'emporteras
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Canción para el auvergnat

Esta canción es tuya
Tú, el auvergnat que sin rodeos
Me diste cuatro trozos de madera
Cuando en mi vida hacía frío

Tú, que me diste fuego cuando
Los ricos y los ricas
Todos los bien intencionados
Me cerraron la puerta en la cara

No era más que un fuego de leña
Pero me calentó el cuerpo
Y en mi alma aún arde
A la manera de una hoguera

Tú, auvergnat, cuando mueras
Cuando el enterrador te lleve
Que te lleve a través del cielo
Al padre eterno

Esta canción es tuya
Tú, la anfitriona que sin rodeos
Me dio cuatro pedazos de pan
Cuando en mi vida había hambre

Tú, que abriste tu alacena cuando
Los ricos y los ricas
Todos los bien intencionados
Se divertían al verme ayunar

No era más que un poco de pan
Pero me calentó el cuerpo
Y en mi alma aún arde
A la manera de un gran festín

Tú, anfitriona, cuando mueras
Cuando el enterrador te lleve
Que te lleve a través del cielo
Al padre eterno

Esta canción es tuya
Tú, el extranjero que sin rodeos
Con una mirada triste me sonrió
Cuando los gendarmes me llevaron

Tú, que no aplaudiste cuando
Los ricos y los ricas
Todos los bien intencionados
Se reían al verme llevar

No era más que un poco de miel
Pero me calentó el corazón
Y en mi alma aún arde
A la manera de un gran sol

Tú, extranjero, cuando mueras
Cuando el enterrador te lleve
Que te lleve a través del cielo
Al padre eterno

Escrita por: Georges Brassens