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El huérfano

Maxime Le Forestier

L'orphelin

Sauf dans le cas fréquent, hélas!
Où ce sont de vrais dégueulasses
On ne devrait perdre jamais
Ses père et mère, bien sûr, mais
A moins d'être un petit malin
Qui meurt avant d'être orphelin
Ou un infortuné bâtard
Ça vous pend au nez tôt ou tard

Quand se drapant dans un linceul
Ses parents le laissent tout seul
Le petit orphelin, ma foi
Est bien à plaindre toutefois
Sans aller jusqu'à décréter
Qu'il devient un enfant gâté
Disons que dans son affliction
Il trouve des compensations

D'abord au dessert aussitôt
La meilleure part du gâteau
Et puis plus d'école pardi
La semaine aux quatre-jeudis
On le traite comme un pacha
A sa place on fouette le chat
Et le trouvant très chic en deuil
Les filles lui font des clins d'oeil

Il serait par trop saugrenu
D'énumérer par le menu
Les faveurs et les passe-droits
Qu'en l'occurrence on lui octroie
Tirant même un tel bénéfice
En perdant leurs parents, des fils
Dénaturés regrettent de
N'en avoir à perdre que deux

Hier j'ai dit à un animal
De flic qui me voulait du mal
Je suis orphelin, savez-vous?
Il me répondit Je m'en fous
J'aurais eu quarante ans de moins
Je suis sûr que par les témoins
La brute aurait été mouchée
Mais ces lâches n'ont pas bougé

Aussi mon enfant si tu dois
Être orphelin, dépêche-toi
Tant qu'à perdre tes chers parents
Petit, n'attends pas d'être grand
L'orphelin d'âge canonique
Personne ne le plaint bernique!
Et pour tout le monde il demeure
Orphelin de la onzième heure

Celui qui a fait cette chanson
A voulu dire à sa façon
Que la perte des vieux est par fois perte sèche, blague à part
Avec l'âge c'est bien normal
Les plaies du coeur guérissent mal
Souventes fois même, salut
Elles ne se referment plus

El huérfano

Excepto en el frecuente caso, ¡ay!
Donde son unos verdaderos desgraciados
Nunca se debería perder
A sus padres, por supuesto, pero
A menos que seas un listillo
Que muere antes de ser huérfano
O un desafortunado bastardo
Te llega tarde o temprano

Cuando se envuelve en un sudario
Sus padres lo dejan solo
El pequeño huérfano, en verdad
Es digno de lástima sin embargo
Sin llegar a decretar
Que se convierte en un niño mimado
Digamos que en su aflicción
Encuentra compensaciones

Primero en el postre de inmediato
La mejor parte del pastel
Y luego sin escuela, por supuesto
La semana a medias
Lo tratan como a un pachá
En su lugar, azotan al gato
Y al encontrarlo muy elegante de luto
Las chicas le lanzan miradas coquetas

Sería demasiado absurdo
Enumerar detalladamente
Los favores y privilegios
Que en este caso se le otorgan
Incluso sacando tal beneficio
Al perder a sus padres, algunos hijos
Desnaturalizados lamentan
No tener solo dos que perder

Ayer le dije a un animal
De policía que me quería hacer daño
Soy huérfano, ¿sabe usted?
Él me respondió: Me da igual
Si tuviera cuarenta años menos
Estoy seguro de que por los testigos
El bruto habría sido callado
Pero esos cobardes no se movieron

Así que, hijo mío, si debes
Ser huérfano, date prisa
Mientras pierdes a tus queridos padres
Pequeño, no esperes a ser grande
El huérfano de edad canónica
¡Nadie lo compadece, ni un ápice!
Y para todos sigue siendo
Huérfano de la undécima hora

Quien hizo esta canción
Quiso decir a su manera
Que la pérdida de los viejos a veces es una pérdida seca, bromas aparte
Con la edad es bastante normal
Las heridas del corazón sanan mal
A menudo, incluso, adiós
Ya no se cierran más

Escrita por: Jean Bertola