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El blasón

Maxime Le Forestier

Le blason

Ayant avecques lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

Ceût été mon ultime chant mon chant du cygne
Mon dernier billet doux mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable à l'odieux.

C'est la grande pitié de la langue française
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cette incomparable instrument de bonheur.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminine c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier

Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.

Misogyne à coup sûr asexué sans doute
Au charmes de Vénus absolument rétif
Était ce bougre qui toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.

Fasse le ciel dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie
A cette vraie merveille un joli nom chrétien

En attendant madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autre moyen et que je les connais
Et que je les connais.

El blasón

Habiendo siempre convivido en armonía con él
Hubiera deseado celebrar sin ser inapropiado
Cuerpo femenino ti más bello atributo
Que todos los que te han visto digan que es alucinante.

Hubiera sido mi último canto, mi canto del cisne
Mi última carta de amor, mi mensaje de despedida
Pero desafortunadamente las palabras que lo describen
Compiten con lo execrable, con lo odioso.

Es la gran lástima del idioma francés
Es su talón de Aquiles y es su deshonra
Ofrecer solo palabras manchadas de bajeza
A este incomparable instrumento de felicidad.

Mientras tantas flores tienen nombres poéticos
Cuerpo femenino, es muy desafortunado
Que la flor más dulce, más erótica
Y la más embriagante tenga los más sórdidos.

Pero lo peor de todos es un pequeño vocablo
De tres letras, nada más familiar, común
Es inexplicable, es irrevocable
Vergüenza para aquel que lo empleó primero.

Vergüenza para aquel que por despecho, por desafío
Dotó del mismo término en su venenoso rencor
A este gran amigo del hombre y al insulto punzante
Probablemente era un famoso.

Misógino sin duda, asexuado seguramente
A los encantos de Venus absolutamente reacio
Era ese bribón que, sin ninguna vergüenza
Hizo esa comparación, además intempestiva.

Maldita sea esta homonimia
Es injusto, señora, y es desconsiderado
Que esta parte real de su anatomía
Lleve el mismo nombre que un montón de gente.

Que el cielo, en un destello de genialidad
A un poeta inspirado, sostenido por Pegaso
Le dé, borrando de un golpe siglos de ultraje
A esta verdadera maravilla, un bonito nombre cristiano.

Mientras tanto, señora, parecería una lástima
Y sus adoradores estarían todos entristecidos
Perder de vista que para rendirle homenaje
Hay otras formas y yo las conozco
Y yo las conozco.

Escrita por: Georges Brassens