La nuit du 15 novembre
Salut, salut les enfants
Que faites-vous dehors
À la barre du jour?
On regarde les arbres
Les nuages, les murs
Monts, plaines et villes
Le pays est à nous
Le pays est à nous
Nous ont dit nos parents
Salut, madame, salut
En pleine nuit dehors
Que faites-vous toute seule?
J'avais un rendez-vous
Il est là, il est venu
C'est une affaire d'amour
Qui commence entre nous
Laissez-nous, laissez-nous
Charnellement à lui
Il me possède enfin
L'amant que j'attendais
Salut, salut grand-père
Deux heures du matin
Et vous ne dormez pas?
J'acclame dans mon cœur
Le géant qui se lève
Si j'avais mes vingt ans
J'irais danser devant
Content je meurs
Éteignez la bougie
Salut, salut professeur
Voyez-vous pas qu'il neige?
Vous êtes tête nue
Oui, chapeau à la main
C'est pour le saluer
Lui offrir mes services
Je le découvre aussi
Pour la première fois
Lui demande pardon
De ne pas l'avoir vu
Avant ce jour présent
J'en suis tout bouleversé
Et vous, théologien
Vous le pianiste aveugle
Vous le voyez aussi?
On le touche, on le palpe, on le sent
Je lui fais une symphonie
Moi qui ne faisais rien
Et le théologien cherche les mots qu'il faut
Mais n'y arrive pas
Ne mettez pas de mots
Laissez tonner de joie
Six millions de poitrines
Six millions de saluts
Sur les deux bords du fleuve
À partir d'aujourd'hui
On bâtit, on bâtit
À partir d'aujourd'hui
On bâtit, on bâtit
À partir d'aujourd'hui
On bâtit, on bâtit
À partir d'aujourd'hui
On bâtit, on bâtit
La noche del 15 de noviembre
Hola, hola niños
¿Qué hacen afuera
Al amanecer?
Miramos los árboles
Las nubes, las paredes
Montañas, llanuras y ciudades
El país es nuestro
El país es nuestro
Nos dijeron nuestros padres
Hola, señora, hola
En plena noche afuera
¿Qué hace usted sola?
Tenía una cita
Él está aquí, ha venido
Es un asunto de amor
Que comienza entre nosotros
Déjenos, déjenos
Carnalmente a él
Él me posee al fin
El amante que esperaba
Hola, hola abuelo
Son las dos de la mañana
¿Y no está durmiendo?
Aplaudo en mi corazón
Al gigante que se levanta
Si tuviera veinte años
Iría a bailar frente a
Contento me muero
Apaga la vela
Hola, hola profesor
¿No ve que está nevando?
Usted está sin sombrero
Sí, sombrero en mano
Es para saludarlo
Ofrecerle mis servicios
También lo descubro
Por primera vez
Le pido perdón
Por no haberlo visto
Antes de este día
Estoy todo conmovido
Y usted, teólogo
Usted, el pianista ciego
¿También lo ve?
Lo tocamos, lo palpamos, lo sentimos
Le hago una sinfonía
Yo que no hacía nada
Y el teólogo busca las palabras necesarias
Pero no lo logra
No pongan palabras
Dejen retumbar de alegría
Seis millones de pechos
Seis millones de saludos
A ambos lados del río
A partir de hoy
Construimos, construimos
A partir de hoy
Construimos, construimos
A partir de hoy
Construimos, construimos
A partir de hoy
Construimos, construimos