Richesses
Cinquante ans de poussées, d'arrêts de marche encore
Moissonner chez les autres sans avoir droit au grain
Défendre des pays qui voient votre bien
Leur bâtir des maisons et puis coucher dehors
Sonner cloches le jour, fêter des inconnus
Leur tresser des couronnes, n'être pas reconnu
Ouvrir chemin de fer, jamais prendre le train
Porter l'eau au désert, prise à votre moulin
Raconter ses misères pour que monsieur s'amuse
Tout en m'applaudissant, il fait taire ma muse
Au sommet de nos rêves, bien perché, le rapace
Qui bondira soudain sur tout bonheur qui passe
J'ai enrichi des gens qui en ont profité
Et que me reste-t-il après tant de batailles?
Me reste toi, mon souffle, mon enfant, mon été
Que je garde caché au fond de mes entrailles
Et s'ils prennent un jour, c'est eux qui tomberont
N'y aura plus de chant, n'y aura plus de pont
Blessée, tu reviendras et nous repartirons
Pour la centième fois, ferons neuve chanson
Riquezas
Cincuenta años de empujones, de paradas en seco
Cosechando de otros sin tener derecho al grano
Defendiendo países que ven tu bienestar
Construyendo casas y luego durmiendo afuera
Sonar campanas de día, festejar a desconocidos
Tejerles coronas, no ser reconocido
Abrir caminos de ferrocarril, nunca tomar el tren
Llevar agua al desierto, tomada de tu molino
Contar mis miserias para que el señor se divierta
Mientras me aplaude, silencia a mi musa
En la cima de nuestros sueños, bien posado, el ave rapaz
Que saltará de repente sobre toda felicidad que pase
He enriquecido a gente que se ha beneficiado
¿Y qué me queda después de tantas batallas?
Me queda tú, mi aliento, mi niño, mi verano
Que guardo escondido en lo más profundo de mis entrañas
Y si un día ellos toman, serán ellos los que caerán
No habrá más canto, no habrá más puente
Herida, volverás y nosotros partiremos
Por centésima vez, haremos nueva canción