A les cinquanta estrelles (Dona)
Dona, avui t'escric,
ara que puc encara,
potser demà
no et podré dir estimada.
Tinc el fusell, ai amor,
deixat sobre la taula,
i què et puc dir, ai amor,
que no dugui metralla.
Avui també, ai amor,
he disparat mil bales,
i no porto el cos, ai amor,
ferit per mil mirades.
Qui m'ha donat el dret de la matança?
Qui del fusell n'ha fet unes balances?
M'arriba el clam
de dolor i fam,
morts amb ulls blancs
em són companys.
Faré un camí que ja no té tornada.
Oferiré el meu cos
perquè qualsevol bala
aturi el ritme del cor
que no ha viscut fins ara.
Qui m'ha donat el dret de la matança?...
À cinquante étoiles (Femme)
Femme, aujourd'hui je t'écris,
maintenant que je peux encore,
peut-être demain
je ne pourrai plus te dire chérie.
J'ai le fusil, oh mon amour,
posé sur la table,
et que puis-je te dire, oh mon amour,
qui ne soit pas chargé de plomb.
Aujourd'hui aussi, oh mon amour,
je tire mille balles,
et je ne porte pas le corps, oh mon amour,
blessé par mille regards.
Qui m'a donné le droit de tuer ?
Qui a fait de ce fusil une balance ?
J'entends le cri
de douleur et de faim,
morts aux yeux blancs
sont mes compagnons.
Je ferai un chemin sans retour.
J'offrirai mon corps
pour qu'une balle quelconque
arrête le rythme du cœur
qui n'a pas vécu jusqu'à présent.
Qui m'a donné le droit de tuer ?...