Drôle de mine
T'as du plomb dans la tête
Les soirs où tu m'la fais
Quand j'veux pas qu'tu t'arrêtes
Tu me boudes et te tais
Quand je suis à bout d'nerfs
Tu te roules sur la table
Jusqu'à tomber par terre
Et rester intouvable
Et pourtant y a des soirs
Où tu t'moules à mes doigts
Parfois j'ai peine à croire
Les mots que tu m'envoies
Tu fais semblant de rien
Mais t'as le sang qui bout
Tu me prends par la main
Puis tu danses comme un fou
Je te porte à ma bouche
Te mordille en douceur
Et c'est moi qui te couche
Aprèsde longues heures
T'as du plomb dans la tête
Et ce soir j'me la paie
Tu veux pas faire la fête
Tu veux pas faire la paix
Ça m'tentait pas d'attendre
Après ta bonne humeur
C'que tu viens d'entreprendre
C'est un mauvais quart d'heure
C'pas ma faute si des fois
C'est en plein restaurant
Que j'ai envie de toi
Devant d'autres clients
Tu peux t'compter chanceux
J'suis juste un peu bohème
Tu vivras peut-être pas vieux
Mais tu sais que je t'aime
Y en a des pires que toi
Ceux qui se prostituent
Sous n'importe quels doigts
Sur n'importe quelle rue
En disant des sottises
Pour des questions d'argent
Paraît qu'on les méprise
Chaque fois qu'on les prend
Faudrait bien que tu sache
Quand tu te sens miné
Qu'ceux qui bavent et qui crachent
T'as rien à leur envier
Moi j'en connais pas mal
Qui se voient condamnés
Plongés dans un journal
A faire des mots-croisés
T'as du plomb dans la tête
Et ce soir tu t'la casses
Quand j'veux jouer au poète
Tu t'retournes et t'effaces
Mais tu feras c'que tu veux
Je t'aurais à l'usure
Dis pas que t'es trop vieux
Pour une autre aventure
C'pas ma faute si tu rêves
De n'pas être éphémère
Moi aussi ça m'énerve
De finir en poussière
J'crois qu'on vient tous au monde
Pour broyer du noir
A chacun ses secondes
Au fond de l'aiguisoir
Y en a des pires que toi
Ceux qui se prostituent
Sous n'importe quels doigts
Sur n'importe quelle rue
En disant des sottises
Pour des questions d'argent
Paraît qu'on les méprise
Chaque fois qu'on les prend
Faudrait bien que tu sache
Quand tu te sens miné
Qu'ceux qui bavent et qui crachent
T'as rien à leur envier
Moi j'en connais pas mal
Qui se voient condamnés
Plongés dans un journal
A faire des mots-croisés
Y'en a bien des plus grands
Et des plus colorés
Qui ont l'air insignifiants
Quand tu t'mets à parler
Y a que toi qui me donnes
Des frissons dans l'échine
Y a que toi qui m'étonnes
Avec ta drôle de mine
T'as du plomb dans la tête
Et ce soir c'est bizarre
T'as la mine mauvaise
Et t'as les traits tirés
T'as du plomb dans la tête
Mais c'est vrai qu'il est tard
Si tu veux qu'on arrête
J'vais même pas t'aiguiser
Cara extraña
Tienes plomo en la cabeza
Las noches en las que te pones así
Cuando no quiero que te detengas
Te enojas conmigo y te callas
Cuando estoy al límite
Te retuerces en la mesa
Hasta caer al suelo
Y desaparecer
Y sin embargo hay noches
En las que te ajustas a mis dedos
A veces apenas puedo creer
Las palabras que me envías
Finges que no pasa nada
Pero tienes la sangre hirviendo
Me tomas de la mano
Y luego bailas como loco
Te llevo a mi boca
Te muerdo suavemente
Y soy yo quien te acuesta
Después de largas horas
Tienes plomo en la cabeza
Y esta noche me lo tomo
No quieres celebrar
No quieres hacer las paces
No me apetecía esperar
Por tu buen humor
Lo que acabas de empezar
Es un mal momento
No es mi culpa si a veces
Es en pleno restaurante
Que te deseo
Frente a otros clientes
Puedes considerarte afortunado
Soy un poco bohemia
Quizás no vivas mucho
Pero sabes que te quiero
Hay peores que tú
Aquellos que se prostituyen
Bajo cualquier dedo
En cualquier calle
Diciendo tonterías
Por cuestiones de dinero
Dicen que los desprecian
Cada vez que los toman
Deberías saber
Cuando te sientes minado
Que aquellos que babean y escupen
No tienen nada que envidiarte
Conozco a varios
Que se ven condenados
Sumergidos en un periódico
Haciendo crucigramas
Tienes plomo en la cabeza
Y esta noche te largas
Cuando quiero jugar al poeta
Te das la vuelta y te borras
Pero harás lo que quieras
Te tendré agotado
No digas que eres demasiado viejo
Para otra aventura
No es mi culpa si sueñas
Con no ser efímero
A mí también me molesta
Acabar en polvo
Creo que todos venimos al mundo
Para pasarla mal
Cada uno con sus segundos
En el fondo del afilador
Hay peores que tú
Aquellos que se prostituyen
Bajo cualquier dedo
En cualquier calle
Diciendo tonterías
Por cuestiones de dinero
Dicen que los desprecian
Cada vez que los toman
Deberías saber
Cuando te sientes minado
Que aquellos que babean y escupen
No tienen nada que envidiarte
Conozco a varios
Que se ven condenados
Sumergidos en un periódico
Haciendo crucigramas
Hay muchos más grandes
Y más coloridos
Que parecen insignificantes
Cuando empiezas a hablar
Solo tú me provocas
Escalofríos en la espalda
Solo tú me sorprendes
Con tu cara extraña
Tienes plomo en la cabeza
Y esta noche es extraño
Tienes mala cara
Y los rasgos tensos
Tienes plomo en la cabeza
Pero es verdad que es tarde
Si quieres que paremos
Ni siquiera te afilaré