395px

La luce nocturna

Lynda Lemay

La veilleuse

Sais-tu que je chantais souvent, avant
Que je mettais des mots sur chaque sentiment
Sais-tu combien je m'amusais, avant
Sur des mélodies qui me venaient d'en dedans

Sais-tu que j'avais des amants, avant
Des hommes que j'ai laissé mourir dans le temps
Et sais-tu que je n'ai jamais eu d'enfants
Et que j'ai peur de ce qu'il m'a toujours manqué à l'intérieur

Mes robes ont étonné souvent, avant
A force d'être noires avec des bouts de blanc
Sais-tu que c'était important, avant
La couleur du tissus et quelques compliments

Sais-tu ce que je t'aurais dit, avant
" Est-ce que j'ai les cheveux défaits par tant de vent ? "
Mais sais-tu ce qui se cache dans ce vent et dans la pluie
C'est ce qui reste depuis l'aube jusqu'à la nuit

Tu sais, la nuit fait peur à ceux qui sont petits
Alors, on se garde un peu de lumière
Je veux un rayon de soleil après ma vie
Une veilleuse dans la terre
Je veux trouver au fond de mes vieilles chansons
Le feu qui me les a fait faire
Et puis, garder cette bougie d'inspiration
Comme unique souvenir d'hier

Sais-tu combien je m'inquiétais, avant
De voir le fil des ans cousu sur mon image
Sais-tu combien j'ai mis de temps, avant
A me redessiner avec du maquillage

Sais-tu, sais-tu comment la vieillesse m'a prise
Quand on dirait qu'elle nous brise
Sais-tu qu'elle s'éternise
Mais sais-tu qu'un cheveu blanc
C'est la neige avant le printemps
Et que, même s'il est tard
On a toujours le même regard
Celui de l'enfant que l'on est
Et qu'on essaie de retrouver
Au fond d'un corps qui agonise
Au fond du feu qu'on attise

Tu sais, la nuit fait peur à ceux qui sont petits
Alors, on se garde un peu de lumière
Je veux un rayon de soleil après ma vie
Une veilleuse dans la terre
Je veux trouver au fond de mes vieilles chansons
Le feu qui me les a fait faire
Et puis, garder cette bougie d'inspiration
Comme unique souvenir d'hier

Ce soir, ce soir, j'ai pris mon crayon
Avec la peau froissée de ma main fatiguée
Sais-tu qu'au-delà de cette chanson
Brille déjà la flamme que j'emporterai

Tu sais, je ne pleurais pas souvent, avant
Pas de ces larmes qui ne sèchent plus au vent
Je pleure, mais si je pleure maintenant
Maintenant, c'est qu'il est tard
Et je suis épuisée

La luce nocturna

¿Sabías que solía cantar a menudo, antes
Antes de poner palabras a cada sentimiento
¿Sabías cuánto me divertía, antes
Con melodías que surgían desde adentro?

¿Sabías que tenía amantes, antes
Hombres a los que dejé morir en el tiempo
Y ¿sabías que nunca tuve hijos
Y que tengo miedo de lo que siempre me faltó por dentro?

Mis vestidos solían sorprender, antes
Al ser negros con toques de blanco
¿Sabías que era importante, antes
El color de la tela y algunos cumplidos?

¿Sabes lo que te habría dicho, antes
'¿Tengo el cabello despeinado por tanto viento?'
Pero ¿sabes lo que se esconde en ese viento y en la lluvia
Es lo que permanece desde el amanecer hasta la noche

Sabes, la noche asusta a los pequeños
Así que guardamos un poco de luz
Quiero un rayo de sol después de mi vida
Una lucecita en la tierra
Quiero encontrar en el fondo de mis viejas canciones
El fuego que me hizo crearlas
Y luego, guardar esa vela de inspiración
Como único recuerdo de ayer

¿Sabes cuánto me preocupaba, antes
Ver el hilo de los años cosido en mi imagen
¿Sabes cuánto tiempo me llevó, antes
Rediseñarme con maquillaje?

¿Sabes, sabes cómo la vejez me tomó
Cuando parece que nos aplasta
¿Sabes que se eterniza
Pero sabes que un cabello blanco
Es la nieve antes de la primavera
Y que, aunque sea tarde
Siempre tenemos la misma mirada
La del niño que somos
Y que intentamos recuperar
En lo más profundo de un cuerpo agonizante
En lo más profundo del fuego que avivamos

Sabes, la noche asusta a los pequeños
Así que guardamos un poco de luz
Quiero un rayo de sol después de mi vida
Una lucecita en la tierra
Quiero encontrar en el fondo de mis viejas canciones
El fuego que me hizo crearlas
Y luego, guardar esa vela de inspiración
Como único recuerdo de ayer

Esta noche, esta noche, tomé mi lápiz
Con la piel arrugada de mi mano cansada
¿Sabías que más allá de esta canción
Ya brilla la llama que llevaré

Sabes, no solía llorar a menudo, antes
No esas lágrimas que ya no se secan al viento
Lloro, pero si lloro ahora
Es porque es tarde
Y estoy exhausta

Escrita por: