395px

Suplicar para ser enterrado en la playa de Sète

Magyd Cherfi

Supplique Pour Être Enterré à La Plage De Sète

La Camarde qui ne m'a jamais pardonné,
D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez,
Me poursuit d'un zèle imbécile.
Alors cerné de près par les enterrements,
J'ai cru bon de remettre à jour mon testament,
De me payer un codicille.

Trempe dans l'encre bleue du Golfe du Lion,
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion,
Et de ta plus belle écriture,
Note ce qu'il faudra qu'il advint de mon corps,
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord,
Que sur un seul point : la rupture.

Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon,
Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson,
Celles des titis, des grisettes.
Que vers le sol natal mon corps soit ramené,
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée,
Terminus en gare de Sète.

Mon caveau de famille, hélas ! n'est pas tout neuf,
Vulgairement parlant, il est plein comme un œuf,
Et d'ici que quelqu'un n'en sorte,
Il risque de se faire tard et je ne peux,
Dire à ces braves gens : poussez-vous donc un peu,
Place aux jeunes en quelque sorte.

Juste au bord de la mer à deux pas des flots bleus,
Creusez si c'est possible un petit trou moelleux,
Une bonne petite niche.
Auprès de mes amis d'enfance, les dauphins,
Le long de cette grève où le sable est si fin,
Sur la plage de la corniche.

C'est une plage où même à ses moments furieux,
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux,
Où quand un bateau fait naufrage,
Le capitaine crie : "Je suis le maître à bord !
Sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord,
Chacun sa bonbonne et courage".

Et c'est là que jadis à quinze ans révolus,
A l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus,
Je connu la prime amourette.
Auprès d'une sirène, une femme-poisson,
Je reçu de l'amour la première leçon,
Avalai la première arête.

Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi l'humble troubadour sur lui je renchéris,
Le bon maître me le pardonne.
Et qu'au moins si ses vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit plus marin que le sien,
Et n'en déplaise aux autochtones.

Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau,
Ne donnera pas une ombre triste au tableau,
Mais un charme indéfinissable.
Les baigneuses s'en serviront de paravent,
Pour changer de tenue et les petits enfants,
Diront : chouette, un château de sable !

Est-ce trop demander : sur mon petit lopin,
Planter, je vous en prie une espèce de pin,
Pin parasol de préférence.
Qui saura prémunir contre l'insolation,
Les bons amis venus faire sur ma concession,
D'affectueuses révérences.

Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie,
Tous chargés de parfums, de musiques jolies,
Le Mistral et la Tramontane,
Sur mon dernier sommeil verseront les échos,
De villanelle, un jour, un jour de fandango,
De tarentelle, de sardane.

Et quand prenant ma butte en guise d'oreiller,
Une ondine viendra gentiment sommeiller,
Avec rien que moins de costume,
J'en demande pardon par avance à Jésus,
Si l'ombre de sa croix s'y couche un peu dessus,
Pour un petit bonheur posthume.

Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon,
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon,
Pauvres cendres de conséquence,
Vous envierez un peu l'éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,
Qui passe sa mort en vacances.

Vous envierez un peu l'éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la plage en rêvant,
Qui passe sa mort en vacances,

Suplicar para ser enterrado en la playa de Sète

La Camarde que nunca me perdonó
Por haber plantado flores en los agujeros de su nariz
Me estás persiguiendo con un celo tonto
Tan rodeado de funerales
Pensé que era apropiado actualizar mi testamento
Para comprarme un codicilo

Templado en la tinta azul del Golfo de León
Sumerja, sumerja su pluma, oh mi vieja tabela
Y de tu más bella escritura
Tenga en cuenta lo que tendrá que venir de mi cuerpo
Cuando él y mi alma ya no estén de acuerdo
Sólo en un punto: el descanso

Cuando mi alma vuela hacia el horizonte
Hacia la de Gavroche y Mimi Pinson
Los de la titis, los grisettes
Que mi cuerpo sea llevado de vuelta a la tierra de nacimiento
En un sueño en el París-Méditerrané
Terminus en la estación de Sète

¡Mi bóveda familiar, por desgracia! no es nuevo
Vulgablemente hablando, está lleno como un huevo
Y hasta que alguien salga de ella
Puede que se haga tarde y yo no puedo
Dile a esta gente valiente, ¿por qué no te mueves un poco?
Hay una manera para los jóvenes

Justo al lado del mar, a un tiro de piedra de las inundaciones azules
Cavar si es posible un pequeño agujero esponjado
Un buen nicho
A mis amigos de la infancia, delfines
A lo largo de esta playa donde la arena es tan fina
En la playa de la cornisa

Es una playa donde incluso en su época furiosa
Neptuno nunca se toma demasiado en serio
Donde cuando un barco naufraga
El capitán grita: «¡Soy el maestro a bordo!
Salvar quién puede, vino y pastis primero
Cada uno tiene un cilindro y coraje

Y aquí es donde, una vez a los quince años
A una edad en la que divertirse solo ya no es suficiente
Conocí el bono de amor
En una sirena, una mujer de pescado
Recibí del amor la primera lección
Avalai la primera cresta

Deferencia a Paul Valéry
Yo, el humilde trovador sobre él
El buen maestro me perdona
Y que al menos si sus gusanos son mejores que los míos
Mi cementerio es más marino que el suyo
Y a los nativos no les gusta

Esta tumba intercalada entre el cielo y el agua
No le dará una sombra triste a la mesa
Pero un encanto indefinible
Los bañistas los usarán como paraventas
Para cambiar de atuendo y niños pequeños
Dirá: búho, un castillo de arena!

¿Es demasiado pedir: en mi pequeño lopin
Planta, por favor, una especie de pino
Sombrilla de pino preferentemente
¿Quién será capaz de proteger contra la insolencia
Buenos amigos que vinieron a hacer en mi concesionario
Reverencias amorosas

A veces viniendo de España y a veces de Italia
Todo cargado de perfumes, buena música
El Mistral y el Tramontano
En mi último sueño verterá los echos
Villannelle, un día, un día de fandango
Tarantelle, sardane

Y al tomar mi montículo como almohada
Una merdine vendrá amablemente a dormir
Con nada más que menos traje
Le ruego el perdón de Jesús antes
Si la sombra de su cruz yace sobre ella
Por un poco de felicidad póstuma

Pobres reyes faraones, pobre Napoleón
Pobre gran desaparecido yaciendo en el Panteón
Pobres cenizas de consecuencia
Envidiarás el eterno verano
¿Quién pedalear en los sueños de la onda
Que pasa su muerte de vacaciones

Envidiarás el eterno verano
¿Quién hace un barco de pedal en la playa soñando
Que pasa su muerte en unas vacaciones

Escrita por: Georges Brassens