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Où est l'indienne brune (Air des Cloches)

Maria Callas

Dov'è L'indiana Bruna (Aria Dei Campanelli)

Dov'è l'indiana bruna,
Che I paria generâr,
Quando la bianca luna
Tra le mimose appar?

Verso I muschi s'affretta
La misera e scordò
Che dovunque è rejetta
Chi un paria generò!

Tra le siepi di rose
Con vaghissime pose
Tu la vedi passar
E alla notte inneggiar!

Nel fitto là — di fosca selva,
Smarrito vaga — un viator...
Nell'ombra brilla l'occhio della belva,
E del cammino ei move ignaro ancor!
Ruggisce di gioja la fiera
E farne sua preda già spera...

Ma la fanciulla accor
E sfida il suo furor.
In mano ha la bacchetta,
Da cui tintinna e fischia
La magica squilletta
Dell'indo incantatori

Lo stranier la contempla — essa resta rapita,
De' suoi mille rajà più bello egli è!
Arrossirà, s'ei sa che dee la vita
Ad una vii, che un paria generò!

Ma sul suo ciglio — ei stende un velo
E l'assopita — innalza al cielo,
Dicendo a lei: — « starai con me!... »
Wismì, di brahma— -il figlio egli è!

E da quel giorno — il vïator,
In mezzo ai boschi — ode talor
Breve il rumor — della bacchetta
E il tintinnar che fa
La squilla dell'indiano incantatori

Où est l'indienne brune (Air des Cloches)

Où est l'indienne brune,
Que les parias ont enfantée,
Quand la lune blanche
Apparaît parmi les mimosas ?

Vers le mousseux s'affole
La misérable, elle a oublié
Que partout est rejeté
Celui qui a engendré un paria !

Entre les haies de roses
Avec des poses ravissantes
Tu la vois passer
Et célébrer la nuit !

Là, dans la dense forêt sombre,
Un voyageur errait égaré...
Dans l'ombre brille l'œil de la bête,
Et sur le chemin, il avance encore sans savoir !
Rugit de joie la bête féroce
Et espère déjà faire d'elle sa proie...

Mais la jeune fille s'approche
Et défie sa fureur.
Dans sa main, elle a la baguette,
D'où tintent et sifflent
Les clochettes magiques
Des enchanteurs indiens.

L'étranger la contemple - elle reste captivée,
Parmi ses mille rajahs, il est le plus beau !
Elle rougira, s'il sait qu'il doit la vie
À une vie, qui a engendré un paria !

Mais sur son cil - il étend un voile
Et la plongée - l'élève vers le ciel,
Lui disant : - « Tu resteras avec moi!... »
Wismì, de Brahma - c'est son fils !

Et depuis ce jour - le voyageur,
Au milieu des bois - entend parfois
Le bref bruit - de la baguette
Et le tintement qu’elle fait
La cloche des enchanteurs indiens.

Escrita por: Leo Délibes