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Todo Melancólico

Moreau Jeanne

Tout Morose

Les automnes ont comme des parfums
Tout moro- tout moro- tout moroses
Mes souvenirs en sont la cause
Mes souvenirs sont importuns

Les printemps ont comme des parfums
Un deux trois un deux trois
Cinq si suaves
Je fus très tôt rendue l'esclave
D'un homme fiévreux aux yeux félins
Comme tout le monde j'y suis passée
Par les, par les amours sublimes
J'ai voulu cent fois trépasser
Pour des yeux d'velours bellissimes

Les automnes ont comme des parfums
Tout moro- tout moro- tout moroses
Mes souvenirs en sont la cause
Mes souvenirs sont importuns

C'était mon professeur d'piano
Professe professeur pianissime
Je trébuchais toujours sur l'dos
En jouant des sonates libertines
C'était un homme avec un corps
Un cor à corps très touristique
Un voyage de noce artistique
Me fit découvrir des trésors

Les automnes ont comme des parfums
Tout moro- tout moro- tout moroses
Mes souvenirs en sont la cause
Mes souvenirs sont importuns

Et puis quand l'été fut venu
Il m'a trompée de tous côtés
Comme je l'aimais de plus en plus
Je fus blessée et je m'en fus
Depuis partout je l'ai cherché
Mais j'l'ai, mais j'l'ai pas retrouvé
Faut dire qu'les professeurs d'piano
C'est très d'mandé, y en a pas d'trop

Les automnes ont comme des parfums
Tout moro- tout moro- tout moroses
Mes souvenirs en sont la cause
Mes souvenirs sont importuns

Combien d'étés ? Je ne sais plus
Combien d'hivers sont revenus ?
De toute ma vie j'ai porté l'deuil
Le deuil de mes amours fanées
Et dire, et dire qu'si mes parents
M'avaient offert un piano mécanique
J'aurais pas perdu tant de temps
D'ailleurs je n'aime pas la musique

Les automnes ont comme des parfums
Tout moro- tout moro- tout moroses
Mes souvenirs en sont la cause
Mes souvenirs sont importuns

Importuns et incertains
Incertains et importuns
Importuns et incertains

Todo Melancólico

Los otoños tienen como perfumes
Todo melancó- todo melancó- todo melancólicos
Mis recuerdos son la causa
Mis recuerdos son molestos

Las primaveras tienen como perfumes
Uno dos tres uno dos tres
Cinco tan suaves
Fui muy pronto esclava
De un hombre febril con ojos felinos
Como todo el mundo, pasé por ahí
Por los, por los amores sublimes
Quise morir cien veces
Por ojos de terciopelo bellísimos

Los otoños tienen como perfumes
Todo melancó- todo melancó- todo melancólicos
Mis recuerdos son la causa
Mis recuerdos son molestos

Era mi profesor de piano
Profesor profesor pianísimo
Siempre tropezaba de espaldas
Tocando sonatas libertinas
Era un hombre con un cuerpo
Un cuerpo a cuerpo muy turístico
Un viaje de bodas artístico
Me hizo descubrir tesoros

Los otoños tienen como perfumes
Todo melancó- todo melancó- todo melancólicos
Mis recuerdos son la causa
Mis recuerdos son molestos

Y luego cuando llegó el verano
Me engañó por todos lados
Como lo amaba cada vez más
Fui herida y me fui
Desde entonces lo he buscado por todas partes
Pero no lo he encontrado
Hay que decir que los profesores de piano
Son muy solicitados, no hay muchos

Los otoños tienen como perfumes
Todo melancó- todo melancó- todo melancólicos
Mis recuerdos son la causa
Mis recuerdos son molestos

¿Cuántos veranos? Ya no sé
¿Cuántos inviernos han vuelto?
Toda mi vida he llevado el luto
El luto de mis amores marchitos
Y decir, y decir que si mis padres
Me hubieran regalado un piano mecánico
No habría perdido tanto tiempo
Además, no me gusta la música

Los otoños tienen como perfumes
Todo melancó- todo melancó- todo melancólicos
Mis recuerdos son la causa
Mis recuerdos son molestos

Molestos e inciertos
Inciertos y molestos
Molestos e inciertos

Escrita por: Cyrus Bassiak